Deux défaites de suite, face à Valence en Liga puis celle retentissante contre Liverpool en C1 mercredi au Camp Nou, mettant quasiment un terme à l’avenir européen du Barça, ont validé le diagnostic d’une crise profonde, qui dépasse le cadre de l’affaire Eto’o.
Gueule de bois, nez dans les chaussettes... Les mines défaites des joueurs après la débâcle face aux Reds valaient tous les discours.
Il n’y a plus vraiment de suspense : avec un tel résultat, le Barça, tenant du titre, ne pourra pas le défendre, sauf miracle à Anfield Road dans quinze jours. Et les miracles, cette saison, Barcelone ne semble plus en mesure de les provoquer.
Cet échec symbolise une saison vaseuse pour un Barça malgré tout encore leader de la Liga.
Car la première défaite des hommes de Rijkaard au Camp Nou depuis avril 2003 en C1, la première à domicile cette saison toutes compétitions confondues, n’est paradoxalement pas une si grande surprise que ça.
Les signes avant-coureurs étaient là, au-delà de la déroute face à Valence (2-1), trois jours avant Liverpool.
Signes de névrose
Les accidents se sont amoncelés bien trop dangereusement et systématiquement pour n’y voir qu’une mauvaise passe. Battus lors de la Supercoupe d’Europe face à Séville (3-0) en début de saison, puis en finale du Mondial des clubs par l’international Porto Alegre, le Barça a été rejoint par les Sévillans en tête de la Liga le week-end dernier et a des chances de quitter la Coupe du roi face à Saragosse... Cela fait beaucoup.
L’instabilité des Catalans, dont le jeu ne séduit plus que par intermittence, privés pendant de longues semaines de Messi et d’Eto’o, est patente cette saison. L’affaire Eto’o, ses déclarations incendiaires sur Rijkaard, égratignant au passage son partenaire Ronaldinho, n’a évidemment rien arrangé.
Le club catalan accumule les signes de névrose en interne. Dans le jeu, il engrange les signaux de détresse, incapable malgré ses stars de retrouver sa flamboyance de la saison dernière.
Le constat est cinglant : le Barça, qui culminait sur le toit de l’Europe la saison dernière, rate tous ses grands rendez-vous. C’est avant tout dans le jeu que la crise du Barça se révèle la plus profonde, au-delà de ses problèmes internes.
« Fin de cycle »
Ce n’est pas un hasard si Johan Cruyff, l’ancien joueur et entraîneur blaugrana, a évoqué une « fin de cycle » après « l’affaire », sous-entendant la fin prochaine du duo Ronnie-Eto’o. Le Barça ne fait plus aussi peur qu’avant, n’arrive pas, comme cela a été le cas face aux Reds et contre Valence, à imposer son jeu durant 90 minutes.
L’absence du Camerounais est bien sûr plus préjudiciable que son coup de gueule, lui qui avait marqué à cette époque la saison dernière plus de 20 buts avec son club. Mais il serait illusoire de croire que son retour règlera tout les problèmes d’un coup.
Que peut faire Barcelone pour se relever ? Dans cette situation, l’auto-critique est déjà un début de remède, ce que les joueurs ont bien compris, s’autoflagellant à l’envi après la rencontre.
Cependant, si la Ligue des champions n’est plus désormais qu’un doux rêve, tout n’est pas encore perdu pour les Catalans, qui restent encore placés pour remporter une nouvelle fois la Liga cette saison.
« Barcelone peut remporter la Liga, c’est tout ce que je peux dire », a gentiment déclaré Benitez après le match.
Mais cette saison laissera des traces quoi qu’il arrive. L’été catalan devrait donner lieu à des bouleversements profonds devenus indispensables.
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Gueule de bois, nez dans les chaussettes... Les mines défaites des joueurs après la débâcle face aux Reds valaient tous les discours.
Il n’y a plus vraiment de suspense : avec un tel résultat, le Barça, tenant du titre, ne pourra pas le défendre, sauf miracle à Anfield Road dans quinze jours. Et les miracles, cette saison, Barcelone ne semble plus en mesure de les provoquer.
Cet échec symbolise une saison vaseuse pour un Barça malgré tout encore leader de la Liga.
Car la première défaite des hommes de Rijkaard au Camp Nou depuis avril 2003 en C1,...