L’US Army veut développer la guerre électronique dite « chirurgicale » pour empêcher ses ennemis en Irak d’utiliser téléphones portables et autres moyens de transmission, tout en évitant de brouiller les communications dans l’ensemble d’une zone.
Jusqu’à présent, l’armée américaine n’était pas très inquiète de l’utilisation par l’ennemi du spectre de fréquences radio pour communiquer et se coordonner, a expliqué le colonel Laurie Buckhout, chef de la division guerre électronique au sein de l’armée de terre, lors d’une conférence de presse. « Mais les choses changent », a-t-elle ajouté. Un grand bouleversement, alors que « l’armée de terre ne s’est pas intéressée à la guerre électronique depuis près de trente ans maintenant », contrairement à l’armée de l’air et à la marine américaines. Le spectre de fréquences radio « est grand ouvert. Et parce qu’il est invisible, il est facile à exploiter (par des ennemis). Il nous faut dominer ce spectre afin d’en prendre le contrôle », a-t-elle déclaré.
Cette nouvelle prise de conscience est due aux difficultés rencontrées en Irak où les troupes américaines doivent faire face à des insurgés connaissant bien le terrain et utilisant leurs téléphones portables et d’autres moyens de transmission pour mener des attaques contre elles. Ces dernières semaines, plusieurs hélicoptères américains ont également été abattus par des tirs ennemis, alors que des documents saisis sur des insurgés irakiens indiquent que certaines de ces attaques pourraient être le résultat d’une stratégie soigneusement préparée, selon le New York Times.
Pour illustrer la difficulté rencontrée par les soldats américains dans les zones urbaines en Irak, le colonel Buckhout a pris pour exemple un carrefour dans un quartier de Bagdad. Au même moment, beaucoup de personnes peuvent se trouver là à utiliser des moyens de communication : soldats américains, soldats de la Coalition, policiers irakiens, chauffeurs de taxi, ambulances, un hélicoptère survolant la zone, un couple d’Irakiens se donnant rendez-vous. « Et au milieu de tout cela, il y a un type nuisible qui utilise son téléphone portable pour essayer de faire quelque chose de mal », a-t-elle dit.
Par le passé, l’armée de terre américaine aurait utilisé les grands moyens pour brouiller l’ensemble des fréquences, « des basses fréquences aux plus hautes fréquences », afin d’empêcher cet ennemi de communiquer. Mais « il s’agissait d’outils rudimentaires » qui entraînaient le brouillage des communications des autres personnes dans la zone, a expliqué le colonel Buckhout. Dans Bagdad aujourd’hui, ces méthodes ne sont pas utilisables, a-t-elle affirmé. L’US Army veut donc utiliser des moyens de guerre électronique plus sophistiqués. « Aujourd’hui, les outils ont la capacité d’être beaucoup plus chirurgicaux. Nous avons amélioré les capacités de ciblage qui nous permettent de savoir où se trouve l’ennemi et de le poursuivre sans interrompre l’ensemble du spectre » de fréquences radio, a-t-elle ajouté.
À l’avenir, l’armée de terre américaine tentera d’améliorer ses capacités en utilisant des logiciels sophistiqués pour avoir une connaissance très précise du terrain et repérer ses ennemis sans nuire à ses propres troupes ou à des civils.
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Jusqu’à présent, l’armée américaine n’était pas très inquiète de l’utilisation par l’ennemi du spectre de fréquences radio pour communiquer et se coordonner, a expliqué le colonel Laurie Buckhout, chef de la division guerre électronique au sein de l’armée de terre, lors d’une conférence de presse. « Mais les choses changent », a-t-elle ajouté. Un grand bouleversement, alors que « l’armée de terre ne s’est pas intéressée à la guerre électronique depuis près de trente ans maintenant », contrairement à l’armée de l’air et à la marine...