Ramzi Naaman est le directeur du projet de développement rapide mis en place par le CDR en collaboration avec la Banque mondiale. C’est avec lui que les présidents des associations ont travaillé pour aboutir à la signature du contrat avec le CDR.
Interrogé par L’Orient-Le Jour sur le point de savoir si ce programme était né suite à l’offensive israélienne, ou s’il existait un plan dans ce sens avant la guerre, M. Naaman a confié que le CDR avait mis en place, de concert avec la Banque mondiale, un projet « de développement communautaire qui se présentait, avant la guerre, comme un mécanisme de support tendant à assurer un développement durable de la région ». Il précise qu’une évaluation « sociale » avait été réalisée et que, suite à cette évaluation, « les régions de pauvreté ont été identifiées ». Cette étude a ainsi permis d’établir les priorités en termes d’aide et d’aiguiller les différentes ONG présentes dans le Sud vers ces régions-là, explique à cet égard M. Naaman.
Au total, ce sont quelque 240 projets « qui ont été lancés par le CDR et dont le budget total s’élève a 15 millions de dollars ».
Avec la guerre, le CDR a dû agir dans la période « de l’après-urgence » dans une optique de développement rapide mais néanmoins durable, « dans les domaines de l’agriculture, de l’éducation et de la santé », précise le directeur du programme.
« Nous insistons pour que les associations travaillent de concert avec les municipalités locales car, de cette manière, nous nous assurons d’une certaine supervision officielle. Et la municipalité est un corps élu, elle va donc œuvrer dans le sens des intérêts de ses élus », explique aussi Ramzi Naaman.
À la question de savoir comment s’est bâtie la relation de confiance entre le CDR et les associations, M. Naaman met en exergue les trois critères exigés pour que le CDR collabore avec une association. « Il faut d’abord que l’association soit déclarée depuis 5 ans au moins, et ensuite qu’elle bénéficie d’une expérience suffisante dans la mise en place de projets similaires à ceux qu’elle aspire à mettre en place en collaboration avec le CDR. Enfin, il faut qu’elle dispose d’un budget 5 fois supérieur aux projets qu’elle se propose de lancer », indique-t-il.
Mais au-delà des critères scientifiques, comment la confiance s’est-elle concrètement installée ? À cela M. Naaman répond qu’« il est évident que les gens ont douté, dans un premier temps, car c’est la première fois que l’État se propose de leur verser de l’argent. L’entrée du CDR dans le domaine social a ainsi été perçue comme tres bizarre. Cela a nécessité du temps. Mais il ne faut pas oublier que l’équipe du programme a une longue expérience de travail au sein d’organisations non gouvernementales derrière elle et que la Banque mondiale, en plus d’être le bailleur de fonds, désire un changement d’indicateur social grâce à ces projets ».
Est-ce que certaines associations se sont découragées en cours de route et ont abandonné le processus menant vers la signature du contrat avec le CDR, notamment à cause des conditions strictes qui sont exigées ? La réponse de M. Naaman sur ce point-là est claire : « Il y a bien sûr certaines associations qui ne semblaient pas prendre ce projet au sérieux. Nous avons donc réagi en appliquant la procédure jusqu’au bout avec ces associations-là. Nous nous attendions à ce qu’elles se découragent et qu’elles jettent l’éponge. Or cela ne s’est pas produit. »
Il s’agit donc, avant tout, d’une nouvelle culture dans le travail associatif et social qui s’est installé, qui gagnerait à s’étendre à tous les organismes étatiques qui travaillent dans ce secteur.
Lé. M.
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Interrogé par L’Orient-Le Jour sur le point de savoir si ce programme était né suite à l’offensive israélienne, ou s’il existait un plan dans ce sens avant la guerre, M. Naaman a confié que le CDR avait mis en place, de concert avec la Banque mondiale, un projet « de développement communautaire qui se présentait, avant la guerre, comme un mécanisme de support tendant à assurer un développement durable de la région ». Il précise qu’une évaluation « sociale » avait été réalisée et que, suite à cette évaluation, « les régions de pauvreté ont été...