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Les clubs amateurs, cible privilégiée du hooliganisme en Allemagne

Des violences en marge d’un match de championnat amateur à Leipzig ont mis en pleine lumière le problème du hooliganisme dans le football allemand, qui épargne le haut niveau mais sévit, teinté de néonazisme, dans de nombreux petits clubs, en particulier de l’ex-RDA. Samedi 11 février, une rencontre de 5e division entre le Lokomotiv Leipzig, dont les supporteurs sont réputés parmi les plus violents d’Allemagne, et l’équipe réserve d’Aue s’est terminée en bataille rangée entre hooligans et policiers. Les affrontements ont fait une quarantaine de blessés et suscité une réaction sans précédent : l’annulation par la Ligue de football de l’État régional de Saxe d’une soixantaine de matches amateurs prévus ce week-end. Une mesure réclamée par le président de la Fédération allemande de football (DFB), Theo Zwanziger : « Nous ne pouvons pas permettre que des incidents à trois ou quatre endroits donnent l’impression que tout le football allemand est contaminé. » Le geste ne fait pas l’unanimité : « On veut montrer qu’on agit, mais c’est une preuve d’impuissance », juge Gunter Pilz, sociologue de l’université de Hanovre, spécialiste des phénomènes de hooliganisme. Cellule policière centrale « Le phénomène ne date pas d’hier. On sait depuis des années qu’il existe des groupes très violents, très influencés par l’extrême droite, dans les clubs de l’Est », au premier rang desquels le Lokomotiv Leipzig ou encore le Dynamo Dresde, poursuit-il, dans un entretien avec l’AFP. Mi-octobre, une rencontre opposant l’équipe réserve du Hertha Berlin au Dynamo Dresde s’était terminée par un envahissement du terrain par des supporters. 22 personnes avaient été interpellées et 23 policiers blessés. Pour Gunter Pilz, le hooliganisme a pris de l’ampleur après la réunification allemande, en 1990, avec la montée des problèmes économiques et sociaux : « Les violents, ce sont avant tout des jeunes sans avenir, qui expriment leur frustration dans les stades. » La violence qui entache les championnats amateurs semble en revanche complètement absente des matches de niveau professionnel en Allemagne. S’inspirant de la Grande-Bretagne et des Pays-Bas, le pays a mis en place en 1992 une cellule policière centrale chargée de collecter les informations sur les supporters violents (Zentrale Informationsstelle Sporteinsetze, ou ZIS). La surveillance a encore été renforcée après l’agression du gendarme David Nivel, laissé pour mort par des hooligans allemands lors du Mondial 1998 en France. « Nous avons recensé environ 10 500 supporters potentiellement violents », explique à l’AFP un porte-parole de la ZIS, dont certains font l’objet de mesures de prévention particulières. « Notre système fonctionne, comme l’a prouvé le succès du Mondial en Allemagne », juge-t-il. Montrées en exemple Mais « il ne reste rien du Mondial. Nous sommes revenus à la normalité », constate le directeur de la ZIS, Michael Endler, dans les pages du quotidien Tagesspiegel. Souvent montrées en exemple, les associations allemandes de supporters demandent plus de moyens financiers, surtout de la part des autorités locales : « Nous ne sommes pas des pompiers. On ne pense à nous que lorsque l’incendie est déclaré, mais il faudrait empêcher que le feu prenne », estime ainsi Torsten Rudolph, coordinateur du Fan-Projekt de Dresde. Plusieurs experts appellent aussi à ne pas stigmatiser les seuls clubs de l’ex-RDA : « Il y a aussi du racisme à l’Ouest, dans l’élite, mais plus insidieux », selon Gunter Pilz, qui rappelle que des cris de singe se sont déjà fait entendre dans les tribunes en Bundesliga, pour humilier des joueurs noirs. Le mensuel spécialisé Rund, qui consacre son dernier numéro au « Football empoisonné par les nazis », juge aussi que « l’extrême droite n’est pas un phénomène de l’Est, pas plus que l’Ouest n’est un îlot d’amitié entre les peuples ».

Des violences en marge d’un match de championnat amateur à Leipzig ont mis en pleine lumière le problème du hooliganisme dans le football allemand, qui épargne le haut niveau mais sévit, teinté de néonazisme, dans de nombreux petits clubs, en particulier de l’ex-RDA.
Samedi 11 février, une rencontre de 5e division entre le Lokomotiv Leipzig, dont les supporteurs sont réputés parmi les plus violents d’Allemagne, et l’équipe réserve d’Aue s’est terminée en bataille rangée entre hooligans et policiers.
Les affrontements ont fait une quarantaine de blessés et suscité une réaction sans précédent : l’annulation par la Ligue de football de l’État régional de Saxe d’une soixantaine de matches amateurs prévus ce week-end.
Une mesure réclamée par le président de la Fédération allemande de football...