Un séminaire pour la paix a débuté hier à Mogadiscio malgré la poursuite de tirs de mortier qui font redouter une reprise généralisée des violences après le renversement en décembre du régime des tribunaux islamiques par l’armée gouvernementale épaulée par l’Éthiopie voisine. Les débats, étalés sur une semaine, réunissent sous l’égide du Premier ministre, Ali Mohammad Gedi, quelque 200 chefs coutumiers ainsi que des représentants de la société civile et d’associations féminines.
Juste avant l’aube, des inconnus ont tiré quatre roquettes sur le port à partir d’un quartier d’habitations de Mogadiscio. Selon le responsable de la sécurité du port, les projectiles sont tombés en mer et n’ont fait aucune victime. Les activités portuaires n’ont pas été perturbées.
Ces attaques, dirigées contre des installations officielles et des positions éthiopiennes, sont le lot quasi quotidien de la population de Mogadiscio. Elles sont imputées par le pouvoir aux vestiges des milices islamistes, qui ont dirigé le sud du pays pendant près de six mois avant d’en être chassés au Nouvel An par l’armée gouvernementale somalienne et ses alliés éthiopiens. Une partie des miliciens islamistes ont juré de lancer un « jihad » (guerre sainte) contre le nouveau pouvoir en place à Mogadiscio. Nombre d’habitants de la capitale craignent que cette violence soit aussi le résultat de rivalités entre les chefs de guerre qui avaient renversé en 1991 le général-président Mohammad Siad Barré. Ce week-end, une délégation de l’Union africaine s’est rendue dans la capitale pour évaluer la situation au regard de la sécurité dans l’optique de l’envoi de soldats de la paix en Somalie.
Par ailleurs, le président du Forum pour les droits de l’homme des musulmans du Kenya, Alamine Kimathi, a accusé le gouvernement de Nairobi d’avoir arrêté deux Américains soupçonnés de soutenir les islamistes somaliens. Il s’agirait d’un Américain d’origine arabe et d’un Afro-Américain, placés en garde à vue dans un commissariat de police de Nairobi avec ses trois enfants. La police kényane a refusé de commenter l’information.
Enfin, le Yémen s’est déclaré prêt à accueillir le numéro deux des tribunaux islamiques de Somalie, Cheikh Sharif Sheikh Ahmed, interpellé en janvier au Kenya, a assuré hier le ministère kényan des Affaires étrangères. Le dirigeant islamiste, considéré comme un modéré, « va aller au Yémen (...) car il y a un accord à ce sujet entre les trois pays » (Yémen, Somalie, Kenya), a déclaré, sous le couvert de l’anonymat, un responsable du ministère kényan des Affaires étrangères.
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Juste avant l’aube, des inconnus ont tiré quatre roquettes sur le port à partir d’un quartier d’habitations de Mogadiscio. Selon le responsable de la sécurité du port, les projectiles sont tombés en mer et n’ont fait aucune victime. Les activités portuaires n’ont pas été perturbées.
Ces attaques, dirigées...