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Actualités - Opinion

ÉCLAIRAGE Le sommet arabe, une lueur d’espoir pour le Liban ? Scarlett HADDAD

Aujourd’hui, plus que jamais, la situation interne libanaise est tributaire du contexte régional et international. C’est en tout cas la conclusion à laquelle a abouti un ancien ministre proche, bon gré mal gré, des forces du 14 Mars. Selon lui, les pressions, tant occidentales que syro-iraniennes, sur les deux parties sont en train de bloquer toutes les tentatives de règlement de la crise actuelle car le Liban reste une arène et un test pour les intentions des uns et des autres. Selon cet ancien ministre, les Américains veulent certainement garder le Liban en état stationnaire et ils souhaitent y neutraliser le Hezbollah par tous les moyens, y compris par un affrontement entre sunnites et chiites, pour avoir les mains plus libres au moment de lancer une attaque contre l’Iran. Toujours selon l’ancien ministre, l’Administration Bush serait décidée à attaquer ce pays mais ce qui l’empêche encore de mettre à exécution sa décision, c’est son ignorance de l’ampleur de la riposte iranienne. Si la République islamique est attaquée, les bientôt 150 000 soldats américains en Irak seront-ils quasiment pris en otages par les chiites de ce pays ? Et quelle sera la réaction des communautés chiites dans les pays du Golfe, notamment en Arabie saoudite, au Koweït, à Bahreïn etc. ? Autant de questions auxquelles l’Administration américaine n’a pas encore de réponses claires, mais elle s’emploie à les obtenir. L’ancien ministre ajoute à cet égard que toutes les mesures d’escalade dans le Golfe de la part des Américains sont peut-être une simple tactique dissuasive, mais les risques de guerre augmentent de jour en jour. Par ailleurs, l’ancien ministre estime que la Syrie est aujourd’hui en bien meilleure position qu’il y a quelques mois et le régime n’a plus vraiment d’inquiétude sur sa survie, d’où un durcissement de sa position vis-à-vis des exigences américaines. Au Liban, poursuit l’ancien ministre, cette tension régionale et internationale se traduit par des pressions des deux côtés sur les deux dossiers brûlants, à savoir la formation d’un gouvernement d’union nationale et celle du tribunal international pour statuer sur l’assassinat de Rafic Hariri. Dès que l’on s’approche d’un accord, les pressions externes s’intensifient pour le saboter, ajoute l’ancien ministre. C’est que ce qui s’est passé, selon lui, avec les dernières négociations saoudo-iraniennes. Il explique à ce sujet que le choix de l’émir Bandar comme négociateur saoudien n’est pas, comme on a voulu le croire, un indice de l’approbation des États-Unis, mais plutôt l’indice du désir du roi Abdallah de rassurer l’Administration américaine hostile à ce dialogue. Selon lui, la seule lueur d’espoir peut venir de la tenue du prochain sommet arabe prévu pour la fin mars en Arabie saoudite. En principe, l’État hôte du sommet déploie tous les efforts possibles pour qu’il soit une réussite, au moins dans les apparences, et qu’il regroupe de nombreux chefs d’État. En principe aussi, il est de tradition que l’État hôte délègue un émissaire auprès des chefs d’État arabes pour les convier officiellement à ce sommet. Il faut donc s’attendre à ce qu’un envoyé spécial saoudien se dirige vers Damas au cours des prochaines semaines pour inviter le président Bachar el-Assad à ce sommet. Et là, il se pourrait bien que ce soit l’ébauche d’un rapprochement entre les deux pays, lequel rapprochement serait de nature à faire baisser la tension au Liban. D’autant que l’Arabie saoudite, qui se présente comme un pôle pour le monde arabe et pour les musulmans, voudrait sans doute que ce sommet consacre son rôle de leader dans la région. Si la Syrie refuse d’assister au sommet, ce serait un camouflet pour l’Arabie et d’autres pays, comme le Yémen, pourraient à leur tour s’abstenir d’y participer. Si le sommet se tient donc à la date prévue, il y a de fortes chances qu’un dialogue entre Ryad et Damas soit amorcé dans les plus brefs délais. L’ancien ministre estime que s’il ne faut pas s’attendre à des miracles, cette amorce de dialogue pourrait toutefois provoquer une percée dans l’impasse libanaise actuelle. La percée pourrait se traduire par la formation d’un nouveau gouvernement. Quant au second dossier, il devrait attendre plus longtemps pour être réglé. L’ancien ministre considère ainsi que le sujet du tribunal international est très complexe. Selon lui, si la Syrie avait mis de l’eau dans son vin il y a quelque temps, se contentant de réclamer des amendements du statut proposé par les Nations unies, aujourd’hui, elle refuse carrément l’idée du tribunal, alors que les États-Unis, de leur côté, veulent plus que jamais accélérer le processus et ils montrent chaque jour que le tribunal en gestation pourrait être une arme brandie contre « les forces hostiles à la politique américaine ». Face à ces positions totalement opposées, auxquelles s’ajoute le jeu ambigu de la Russie, il est pratiquement impossible de trouver un compromis et la rumeur sur la détermination du président de la commission d’enquête le juge Serge Brammertz de quitter ses fonctions en juin sans publier un rapport concluant n’est que le reflet de la complexité de ce dossier. S’il existe chez les parties régionales une volonté de calmer le jeu au Liban, à la faveur du sommet arabe, l’examen de ce dossier sera reporté, après l’adoption officielle par le Parlement du principe de la formation du tribunal international. Et les efforts se concentreront sur le nouveau gouvernement et sur les échéances électorales. Dans ce scénario, l’Arabie saoudite a un grand rôle à jouer, puisque ce sommet est le sien et c’est elle qui cueillera les fruits d’un règlement même partiel au Liban. Sinon, le bras de fer régional se poursuivra et les positions internes libanaises continueront à se radicaliser...
Aujourd’hui, plus que jamais, la situation interne libanaise est tributaire du contexte régional et international. C’est en tout cas la conclusion à laquelle a abouti un ancien ministre proche, bon gré mal gré, des forces du 14 Mars.
Selon lui, les pressions, tant occidentales que syro-iraniennes, sur les deux parties sont en train de bloquer toutes les tentatives de règlement de la crise actuelle car le Liban reste une arène et un test pour les intentions des uns et des autres. Selon cet ancien ministre, les Américains veulent certainement garder le Liban en état stationnaire et ils souhaitent y neutraliser le Hezbollah par tous les moyens, y compris par un affrontement entre sunnites et chiites, pour avoir les mains plus libres au moment de lancer une attaque contre l’Iran. Toujours selon l’ancien ministre,...