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Actualités - Chronologie

FINANCES La monnaie faible : une arme économique appréciée dans le monde

Chine, Japon ou États-Unis : nombre de pays dans le monde profitent de la faiblesse de leur monnaie, qu’ils justifient par les déséquilibres de leur économie mais dont ils jouent aussi, plus ou moins ouvertement, pour doper leurs exportations ou financer leurs déficits. « La stratégie de croissance de la Chine est fondée sur une monnaie sous-évaluée », affirme Evariste Lefeuvre, économiste chez Ixis-CIB. Depuis trois ans, les États-Unis et l’Union européenne poussent Pékin à laisser sa devise s’apprécier, mais les autorités chinoises répètent à l’envi qu’elles ne céderont pas aux pressions occidentales. Le yen, qui a plongé ces deux dernières semaines face à l’euro et au dollar, pourrait se retrouver au centre des discussions de la réunion des ministres des Finances du G7 les 9 et 10 février à Essen, en Allemagne. En ne relevant pas son principal taux directeur, actuellement à 0,25 %, malgré la reprise économique nippone, la Banque du Japon (BoJ) s’est attirée les foudres des autorités européennes, qui l’accusent de manipuler la monnaie. Pour Agnès Bénassy-Quéré, directrice du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII), la chute du yen est la conséquence d’une inflation quasi inexistante et d’une reprise encore fragile, pas d’une politique volontariste. Le directeur du Fonds monétaire international (FMI), Rodrigo Rato, a d’ailleurs récemment encouragé le Japon à poursuivre dans cette voie. Mais pour David Solin, économiste chez FX Analytics, les autorités japonaises prennent leur faible inflation pour excuse, tout en se félicitant de la chute du yen : « La BoJ n’intervient plus sur les marchés », mais elle envoie un message baissier aux marchés en retardant la remontée des taux et en « laissant entendre que celle-ci sera limitée ». D’après lui, le seul signal d’un vrai cycle de resserrement des taux ferait remonter nettement le yen. Les États-Unis, qui décrient la sous-évaluation « artificielle » du yuan, s’accommodent du décrochage du yen, source de financement à travers des opérations d’arbitrage monétaire. Eux-mêmes pratiquent une politique monétaire ambiguë, régulièrement dénoncée par les Européens, alors que le billet vert a perdu plus d’un tiers de sa valeur depuis 2002 face à l’euro. Si ce déclin découle largement des déficits américains abyssaux du commerce et des comptes courants, de nombreux économistes estiment que Washington, tout en martelant qu’un « dollar fort » est dans son intérêt, a orchestré à mots couverts une dépréciation en douceur de sa monnaie, pour soutenir ses exportations et financer ses déficits à moindre coût. « Dans un monde dévastateur en termes d’emplois, c’est une tentation », remarque Véronique Riches-Flores, chef économiste à la Société générale, ajoutant que le gouvernement américain n’est pas prêt à prendre des mesures correctives, extrêmement coûteuses en termes de niveau de vie. Beaucoup d’économistes, à l’instar de Mme Bénassy-Quéré, minimisent l’impact du facteur change sur les exportations de la zone euro, prenant à témoin la vigueur des exportations allemandes, mais d’après Mme Riches-Flores, la hausse de la monnaie unique face au yen, au dollar et au yuan « a occasionné un manque à gagner sur les exportations de la zone euro de 15 à 20 % en 5 ans ».
Chine, Japon ou États-Unis : nombre de pays dans le monde profitent de la faiblesse de leur monnaie, qu’ils justifient par les déséquilibres de leur économie mais dont ils jouent aussi, plus ou moins ouvertement, pour doper leurs exportations ou financer leurs déficits.
« La stratégie de croissance de la Chine est fondée sur une monnaie sous-évaluée », affirme Evariste Lefeuvre, économiste chez Ixis-CIB.
Depuis trois ans, les États-Unis et l’Union européenne poussent Pékin à laisser sa devise s’apprécier, mais les autorités chinoises répètent à l’envi qu’elles ne céderont pas aux pressions occidentales.
Le yen, qui a plongé ces deux dernières semaines face à l’euro et au dollar, pourrait se retrouver au centre des discussions de la réunion des ministres des Finances du G7 les 9 et 10 février à...