C’est manifestement, au vu des heurts sur le terrain, une question d’urgence. Et qui se pose de la sorte : l’initiative d’apaisement saoudienne gagnera-t-elle la course contre la montre livrée au cycle de violence qui menace ce pays ?
Selon des sources bien informées, les Iraniens, avant de se rétracter, auraient d’abord accepté les propositions conciliatrices des Saoudiens. Qui soutiennent la formule Moussa : élargissement à 30 du cabinet en place, avec 19 sièges pour la majorité, 10 pour la minorité et un indépendant de consensus. En sus, l’opposition obtiendrait de faire examiner ses observations concernant le statut du tribunal international avant son approbation définitive.
Mais selon ces sources, la Syrie a rejeté l’offre. Elle exige un cabinet (libanais) d’union nationale de 30 où l’opposition aurait 11 portefeuilles. C’est-à-dire bénéficierait du tiers dit de blocage. Sous prétexte qu’autrement, la participation de la minorité à la prise de décision dans les questions importantes ne serait pas effective. Damas va plus loin : le gouvernement (libanais) devra adopter une nouvelle loi électorale dans les meilleurs délais. Afin d’organiser des législatives anticipées, sans tenter d’abréger le mandat prorogé du président Lahoud. Ainsi, ce serait la nouvelle Chambre, où la majorité aurait changé de mains, qui élirait le prochain chef de l’État. Cela sans compter le maintien d’une revendication syrienne prioritaire : la création d’un tribunal à caractère international, le débat sur son statut ne doivent intervenir qu’après la conclusion de l’enquête menée par la commission Brammertz. Étant sous-entendu, et bien entendu, qu’il serait même encore préférable que le tribunal et son statut ne voient jamais le jour…
Naturellement, l’Iran ne veut pas se fâcher avec la Syrie. Il a donc fait savoir aux Saoudiens, indiquent ces sources, qu’il suspendait son oui, le liant à la position syrienne. En précisant que la demande de législatives libanaises anticipées, défendue par la Syrie, émane à l’origine de l’opposition libanaise et ne peut être négligée. Autrement dit, l’Iran limite son approbation éventuelle de la médiation saoudienne à la composition numérique d’un nouveau gouvernement et à la question du statut du tribunal international.
Riposte
Localement, des députés et des ministres majoritaires accusent la Syrie de chercher à contrôler de nouveau les décisions de l’Exécutif libanais via ses alliés, directs ou indirects, et le tiers de blocage. Ce qui revient à disposer également de la présidentielle. Dans ce sens qu’à ce propos, la minorité placerait la majorité devant le choix suivant : ou bien accepter un nouveau président qui aurait l’aval des opposants ; ou encourir le risque d’un vide institutionnel, après dislocation du gouvernement par démission du tiers de ses membres. Si cela devait se produire, le pays serait sans président après la fin du mandat de M. Lahoud. Mais, surtout, sans gouvernement assumant toute la charge de l’Éxécutif, comme le prévoit la Constitution en cas de vacance à la tête de l’État. Tandis que le Parlement se verrait empêché de procéder à l’élection d’un nouveau président, vu que la majorité ne peut assurer seule le quorum requis, qui est des deux tiers.
Quant au tribunal international, soulignent les majoritaires, sa création serait très retardée, sinon bloquée, si l’on devait suivre les vues syriennes. En effet, il est évident que l’enquête Brammertz n’est pas près de se terminer. Son mandat expire certes en juin prochain. Mais le Liban, sur recommandation du ministre de la Justice, envisage de réclamer une rallonge substantielle. Car les investigateurs internationaux sont très loin d’être parvenus à des conclusions définitives. Après la publication de l’acte d’accusation, il faudrait au moins un an avant de mettre en place effectivement la cour. Il y a en effet beaucoup de problèmes divers à régler : le statut, la désignation des juges, des membres du parquet, le site, toute la logistique et le financement. De plus, il est possible que Brammertz ne veuille pas présenter son rapport final au Conseil de sécurité, donc publier l’acte d’accusation, avant que le tribunal ne soit mis en place. Pour protéger en même temps le secret de l’instruction à venir et les témoins.
Par ailleurs, toujours selon des sources informées, la Syrie aurait fait savoir à l’Iran que les résultats de la grève de mardi vont, à son sens, obliger le gouvernement Siniora à accepter les conditions qu’elle pose. Et qu’en tout cas, elle n’est pas pressée ni forcée d’accepter la solution proposée par les Saoudiens.
L’Iran, ajoutent ces sources, aurait alors convenu d’attendre, avant de s’engager, que les effets politiques de la grève se décantent. Il a cependant souhaité que les retombées de ladite grève ne soient pas violentes et n’entraînent pas de discorde communautaire au Liban, surtout entre chiites et sunnites.
Les secousses présentes au Liban ont incité l’Arabie saoudite à envoyer de suite l’émir Bandar ben Sultan à Téhéran. Et ses discussions avec les dirigeants iraniens auraient abouti, selon ces sources, à l’arrêt, au bout d’un seul jour, de la grève décrétée par l’opposition libanaise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats C’est manifestement, au vu des heurts sur le terrain, une question d’urgence. Et qui se pose de la sorte : l’initiative d’apaisement saoudienne gagnera-t-elle la course contre la montre livrée au cycle de violence qui menace ce pays ?
Selon des sources bien informées, les Iraniens, avant de se rétracter, auraient d’abord accepté les propositions conciliatrices des Saoudiens. Qui soutiennent la formule Moussa : élargissement à 30 du cabinet en place, avec 19 sièges pour la majorité, 10 pour la minorité et un indépendant de consensus. En sus, l’opposition obtiendrait de faire examiner ses observations concernant le statut du tribunal international avant son approbation définitive.
Mais selon ces sources, la Syrie a rejeté l’offre. Elle exige un cabinet (libanais) d’union nationale de 30 où l’opposition...