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Actualités - Analyse

ANALYSE Affaibli politiquement, le président américain a perdu sa pugnacité

Très affaibli politiquement, le président George W. Bush avait perdu sa pugnacité lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, selon des experts. Par le passé, M. Bush avait l’habitude de profiter de ce discours pour impressionner ses adversaires démocrates et pointer du doigt les ennemis des États-Unis, utilisant une expression devenue célèbre, « l’axe du mal ». Mais le président américain mardi se trouvait en quelque sort au bord d’un précipice politique, ayant perdu pour la première fois en six ans le contrôle du Congrès alors que le soutien de l’opinion publique américaine s’évapore à mesure que s’éternise la guerre sanglante et impopulaire en Irak. « La seule chose qui lui reste est sa rhétorique », estime Buddy Howell, un expert des discours présidentiels à l’Université de Purdue. Steven Smith, spécialiste de la politique à Washington University à St Louis, juge pour sa part que le discours de Bush a reflété sa situation politique difficile : « Son discours était extrêmement profil bas. » Et il est la preuve d’un certain réalisme de la part de M. Bush. « Ce président voyait son rôle ces dernières années comme celui qui motivait le pays, mais ce discours n’avait rien de cela » cette année, ajoute cet expert. M. Bush, dont le mandat se termine dans deux ans et alors que les candidats à l’élection présidentielle de 2008 ont déjà commencé à se mettre en piste, est apparu comme un président diminué, ombre de celui qui autrefois dirigeait le pays sans véritable rival. Au-dessus de lui, sur un podium, la démocrate Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, a souri quand il a déclaré pour la première fois dans un discours sur l’état de l’Union : « Madame la présidente ». Alors que président américain sait qu’il va devoir composer avec les démocrates pour faire passer des lois au Congrès, ces mots ont sans doute été un des moments les plus remarqués dans son discours. Et comme un rappel de son affaiblissement, la caméra a souvent montré les démocrates et les républicains qui préparent déjà sa succession à la Maison-Blanche. La sénatrice Hillary Clinton, qui a annoncé samedi qu’elle était candidate à l’élection présidentielle de 2008, observait du fond de la salle. Un rang au-dessous d’elle, il y avait le sénateur Barack Obama. Le sénateur républicain John McCain, qui a apporté son soutien au nouveau plan de M. Bush pour l’Irak, s’est joint quant à lui aux multiples ovations. M. Bush, dont les cheveux sont devenus plus gris depuis qu’il est arrivé à la Maison-Blanche en 2001, a prononcé avec un ton mesuré son discours, ponctué par des ovations moins chaleureuses que les années passées. Par Stephen COLLINSON (AFP)

Très affaibli politiquement, le président George W. Bush avait perdu sa pugnacité lors de son discours annuel sur l’état de l’Union, selon des experts. Par le passé, M. Bush avait l’habitude de profiter de ce discours pour impressionner ses adversaires démocrates et pointer du doigt les ennemis des États-Unis, utilisant une expression devenue célèbre, « l’axe du mal ». Mais le président américain mardi se trouvait en quelque sort au bord d’un précipice politique, ayant perdu pour la première fois en six ans le contrôle du Congrès alors que le soutien de l’opinion publique américaine s’évapore à mesure que s’éternise la guerre sanglante et impopulaire en Irak.
« La seule chose qui lui reste est sa rhétorique », estime Buddy Howell, un expert des discours présidentiels à l’Université de...