La ville de Berlin a officiellement donné le coup d’envoi hier à la course pour le rachat de sa banque régionale LBB, offrant aux investisseurs une opportunité unique de s’emparer d’une banque publique allemande et de sa juteuse caisse d’épargne.
Les candidats au rachat des 80,95 % détenus par la ville dans l’institut ont jusqu’au 5 février pour se faire connaître, selon un avis financier paru dans la presse.
Berlin prépare en parallèle une mise en Bourse, selon cet avis, et ne devrait pas trancher entre les deux solutions avant juin, précise son sénateur en charge des finances, Thilo Sarrazin, dans une interview au Financial Times Deutschland.
En Allemagne, la Fédération des caisses d’épargne (DSGV) s’est déjà mise sur les rangs. Plusieurs banques publiques, dont WestLB, et la banque privée Commerzbank sont aussi intéressées, selon la presse. Le prix de vente est estimé entre 4 et 6 milliards d’euros.
À l’étranger, l’italien UniCredit est régulièrement cité. BNP Paribas, un temps aussi évoqué, n’est en revanche pas sur les rangs. « Nous sommes plutôt concentrés sur la croissance organique », a précisé un porte-parole.
C’est sur les injonctions de la Commission européenne que Berlin doit se séparer de sa banque régionale. Bruxelles avait autorisé en 2001 un renflouement massif de l’établissement, alors au bord de la faillite, avec des fonds publics.
En contrepartie, la ville-État s’était engagée à s’en séparer d’ici à fin 2007. Elle a déjà fait un pas en cette direction l’an dernier en cédant Berliner Bank, une des filiales de LBB, à la banque privée Deutsche Bank pour 680,5 millions d’euros.
La ville a posé des conditions strictes pour la vente de Landesbank Berlin. Le repreneur devra maintenir les fonctions de direction dans la capitale et s’engager à ne pas supprimer d’emplois pendant dix ans. LBB emploie actuellement environ 6 200 salariés, selon une porte-parole.
L’ex-Bankgesellschaft Berlin a achevé aujourd’hui son assainissement. Pour l’exercice écoulé, elle table sur un bénéfice imposable de 600 millions d’euros et pourrait verser un dividende pour la première fois depuis 1999. Elle compte environ 2,6 millions de clients.
Plus encore que la banque publique, c’est sa juteuse caisse d’épargne, la Berliner Sparkasse, qui attise les convoitises. Cette dernière revendique une part de marché de 41 % du secteur de détail dans la capitale, devant la banque postale Postbank et Deutsche Bank.
Les occasions pour un investisseur privé de s’emparer d’un institut bancaire public allemand restent rares. Le secteur est séparé en trois branches – banques privées, banques publiques et caisses d’épargne, et établissements mutualistes – qui restent relativement étanches, même si des failles commencent à apparaître.
C’est le résultat d’un accord conclu en décembre entre l’Allemagne et la Commission européenne, au grand dam des caisses d’épargne allemandes, qui y voient une menace pour le respect des missions de service public attachées à cet emblème.
La DSGV reste d’ailleurs décidée à mettre des bâtons dans les roues aux racheteurs privés qui pourraient se présenter. Pour ce faire, elle a déjà acquis 10 % de LBB via la Dekabank.
Du côté de Berlin, aucune préférence n’est donnée.
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