Air France-KLM s’envole à la Bourse de Paris, à l’instar des compagnies aériennes européennes dopées par le repli des cours du pétrole, l’affaiblissement du dollar et la croissance soutenue du trafic passagers, mais cette euphorie pourrait trouver ses limites à moyen terme, selon des analystes.
Air France-KLM a atteint un plus haut historique en séance mardi à 34,65 euros, s’appréciant de 8,28 % depuis le 1er janvier. Le titre a bondi de près de 84 % sur un an, alors que le CAC 40 n’a engrangé que 14 % sur la même période. Ses concurrents européens sont également montés en flèche : British Airways a gagné 69 % sur un an, Lufthansa près de 70 % et Iberia 30 %.
« En ce moment tout est positif pour les compagnies aériennes européennes : le recul du pétrole, la baisse du dollar et le trafic de plus en plus important », a résumé Pierre Boucheny, analyste chez Kepler Securities. Le trafic aérien a progressé en 2006 d’environ 5 % dans le monde, tandis que le nombre de passagers augmentait de près de 4 %, à 2,1 milliards, selon l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).
Quant aux cours du pétrole, ils sont tombés vendredi à leur plus bas depuis juin 2005, en raison de la clémence de l’hiver dans l’hémisphère Nord et de l’importance des stocks aux États-Unis.
Mais, même en cas de flambée des cours du brut, comme ce fut le cas en août dernier où le baril a flirté avec les 70 dollars, les compagnies aériennes ont réussi à atténuer l’impact des prix du carburant, par le biais de réductions de coûts, d’achats anticipés de kérosène ou encore de hausses tarifaires, selon des experts.
« Quand le prix du baril augmente, les compagnies répercutent cette hausse sur le prix des billets et n’en souffrent pas », a confirmé Yan Derocles, analyste chez Oddo Securities.
« À l’inverse, quand les cours chutent, les transporteurs maintiennent leurs tarifs, ce qui leur permet de dégager des marges importantes. Les compagnies ont appris à limiter les risques et cela rassure les places financières », a-t-il ajouté.
L’euphorie boursière devrait se prolonger en 2007, ont estimé des spécialistes. « À moyen terme, le secteur aérien européen va intéresser les fonds d’investissements attirés par les opérations financières de fusions et acquisitions qui devraient s’accélérer en 2007 », a commenté un analyste sous le couvert de l’anonymat.
La banque suisse UBS, dans une note publiée le 8 décembre, tablait également sur la poursuite de la tendance haussière du secteur, estimant notamment que la fusion Air France-KLM n’avait pas encore porté tous ses fruits et que ce rapprochement devrait conduire à une amélioration de la productivité et une réduction des coûts du transporteur.
Toutefois, des analystes mettent en garde contre un certain nombre de risques qui pourraient, à moyen terme, freiner l’appétit des investisseurs. « Les tarifs des compagnies sont déjà élevés et leurs marges de progression limitées », a prévenu M. Derocles.
Par ailleurs, « les compagnies à coûts réduits (low cost) risquent de s’attaquer au marché du long-courrier, ce qui pénaliserait directement les grands transporteurs aériens », a estimé M. Boucheny.
« Concernant Air France-KLM, les bénéfices importants dégagés par le transporteur risquent de mécontenter les salariés, ce qui pourrait conduire à des mouvements sociaux », a souligné M. Derocles.
Des incertitudes demeurent aussi quant à la possible fusion d’Air France-KLM avec Alitalia qui paraît de plus en plus compromise, les analystes soulignant que les conditions de reprise imposées par le gouvernement italien (actionnaire à 49,9 %) pourraient s’avérer trop coûteuses et décourager Air France.
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Air France-KLM a atteint un plus haut historique en séance mardi à 34,65 euros, s’appréciant de 8,28 % depuis le 1er janvier. Le titre a bondi de près de 84 % sur un an, alors que le CAC 40 n’a engrangé que 14 % sur la même période. Ses concurrents européens sont également montés en flèche : British Airways a gagné 69 % sur un an, Lufthansa près de 70 % et Iberia 30 %.
« En ce moment tout est positif pour les compagnies aériennes européennes : le recul du pétrole, la baisse du dollar et le trafic de plus en plus...