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Actualités - Chronologie

FINANCE G8: l’Allemagne et les États-Unis se rapprochent sur les hedge funds

Les positions de l’Allemagne et des États-Unis sur l’encadrement des fonds spéculatifs se rapprochent, la première revoyant ses ambitions de contrôle à la baisse à la veille de sa présidence du G8, et les seconds se rangeant derrière un appel à plus de transparence. Berlin et Washington partaient de loin. En Allemagne, le sujet était déjà un cheval de bataille du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder et les fonds spéculatifs, ou hedge funds, sont assimilés aux pires débordements du capitalisme, qu’il convient d’encadrer au maximum. Pour les États-Unis, soutenus par le Royaume-Uni, ils sont simplement une manifestation comme une autre des possibilités offertes par les marchés financiers. Et pourtant, la chancelière conservatrice Angela Merkel et le secrétaire d’État américain au Trésor Henry Paulson sont tombés d’accord, jeudi, lors d’une visite de ce dernier à Berlin, sur la nécessité « d’agir pour éviter les risques et protéger les investisseurs », et sur le fait que « la transparence doit être promue comme condition importante à l’efficacité des marchés financiers ». Depuis plusieurs jours, du côté allemand, les signaux se multipliaient d’une révision en baisse des ambitions. Berlin, qui prend au 1er janvier la présidence du groupe des sept pays les plus industrialisés élargi à la Russie (G8), avait au départ en ligne de mire une obligation pour les fonds de s’inscrire auprès des autorités financières dans les pays où ils sont basés, et de fournir une série d’informations sur les financements dont ils disposent et les entreprises où ils ont investi. Mais dès la semaine dernière, Bernd Pfaffenbach, secrétaire d’État au ministère des Finances chargé de la préparation des sommets internationaux, avait prévenu : « Il ne faut pas être trop ambitieux. On ne peut pas y aller à la hache et vouloir des règles rigides. » Comme en écho, le secrétaire d’État au ministère des Finances Thomas Mirow a ensuite expliqué les intentions de l’Allemagne lors d’une visite à Washington : « Nous voulons d’abord faire un inventaire. Et après, nous voulons réfléchir à la façon dont la transparence des hedge funds peut être améliorée. » On est loin du ton combatif adopté l’an dernier par le vice-chancelier social-démocrate Franz Müntefering, qui avait qualifié les hedge funds de « nuées de sauterelles » s’abattant sur les entreprises pour les dépecer. Parallèlement du côté américain et britannique, même s’ils sont souvent domiciliés dans des paradis fiscaux comme les Bermudes, la plupart des 9 000 fonds existants et leurs capitaux estimés à 1 300 milliards de dollars sont d’origine anglo-saxonne, le discours s’est légèrement infléchi. Les déboires en septembre du fonds américain Amaranth Advisors, qui a perdu 5 milliards de dollars en une semaine pour avoir mal parié sur l’évolution des prix du gaz naturel, ont laissé des traces aux États-Unis. À la suite de cette affaire, le président du gendarme de la Bourse américaine (SEC), Christopher Cox, s’est exprimé en faveur d’une réglementation des hedge funds, ainsi que plusieurs parlementaires. « Le climat a changé », selon M. Pfaffenbach. Même chez les partenaires américains, « on reconnaît quelles sommes énormes (les fonds) manipulent (...). Cela affecte les hommes et cela affecte les chefs d’État et de gouvernement ». De là à arriver l’an prochain à un accord sur une régulation des fonds spéculatifs, il y a un grand pas qui n’est pas près d’être franchi. En juin, l’Allemagne invite les dirigeants du G8 à Heiligendamm, sur la mer Baltique, et la question sera à l’ordre du jour. Mais M. Pfaffenbach a d’ores et déjà annoncé la couleur : il faut simplement s’attendre à « une déclaration finale commune qui demande plus de transparence ». Pas de quoi faire peur aux sauterelles.

Les positions de l’Allemagne et des États-Unis sur l’encadrement des fonds spéculatifs se rapprochent, la première revoyant ses ambitions de contrôle à la baisse à la veille de sa présidence du G8, et les seconds se rangeant derrière un appel à plus de transparence.
Berlin et Washington partaient de loin. En Allemagne, le sujet était déjà un cheval de bataille du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder et les fonds spéculatifs, ou hedge funds, sont assimilés aux pires débordements du capitalisme, qu’il convient d’encadrer au maximum. Pour les États-Unis, soutenus par le Royaume-Uni, ils sont simplement une manifestation comme une autre des possibilités offertes par les marchés financiers.
Et pourtant, la chancelière conservatrice Angela Merkel et le secrétaire d’État américain au Trésor Henry...