La croissance américaine a été révisée en légère baisse au troisième trimestre à 2 % au lieu de 2,2 % (en rythme annuel), les ménages ayant moins consommé de services et moins investi dans l’immobilier que prévu, a indiqué hier le département du Commerce.
Les analystes tablaient sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 2,2 %, non révisée par rapport aux chiffres précédents dans cette troisième et dernière estimation. Au deuxième trimestre, la croissance avait atteint 2,6 %.
La croissance entre juillet et septembre a été enregistrée ainsi la plus faible depuis la fin 2005.
La révision à la baisse s’explique avant tout par une consommation des ménages plus faible que prévu (+2,8 % au lieu de +2,9 %), les Américains ayant moins dépensé pour les soins médicaux que mesuré initialement. De ce fait, les achats de services n’ont progressé que de 2,8 % (au lieu de 3,1 %).
Pour le reste, les achats de biens durables comme les machines à laver ou les voitures par exemple ont été plus robustes que prévu (+6,4 % au lieu de +6 %), de même que pour les autres biens (+1,5 % au lieu de +1,1 %).
Cette vigueur de la consommation est un gage de solidité pour la croissance, car elle signifie que le ralentissement de l’immobilier n’a pas empêché les Américains de dépenser à l’approche des fêtes de fin d’année.
Or, l’investissement résidentiel a plus reculé que prévu, chutant de 18,7 % (au lieu de 18 %), qui est la baisse la plus forte depuis le début de 1991, à l’époque de la précédente crise traversée par le secteur.
Du côté des entreprises, l’investissement a progressé de 10 % (inchangé), avec une hausse de 15,7 % pour les infrastructures et de 7,7 % pour les équipements.
Mais elles ont moins renfloué leurs stocks que prévu (+55,4 milliards de dollars au lieu de +58 milliards). La demande finale (le PIB moins les stocks) a ainsi augmenté de 1,9 % au lieu de 2,1 %.
Ces chiffres devraient conforter dans son scénario la Banque centrale américaine (Fed), qui avait estimé la semaine dernière que la décélération économique s’expliquait notamment par « le ralentissement important du marché immobilier ».
Mais « l’économie devrait croître à un rythme modéré en moyenne dans les trimestres à venir », avait-elle ajouté.
Le commerce extérieur a été plus actif que mesuré précédemment, avec une hausse de 6,8 % des exportations (au lieu de +6,3 %) et de 5,6 % des importations (au lieu de 5,3 %).
Les dépenses publiques ont progressé de 1,3 % (au lieu de 1,5 %).
La Fed fait le pari que le ralentissement économique aura pour conséquence de juguler l’inflation.
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