Depuis son indépendance, le Liban a toujours été un pays de compromis entre chrétiens et musulmans. Une entente et un consensus tacite ont toujours existé entre les différentes confessions et communautés du pays. Avec l’avènement, en 1952, de Abdel Nasser, au nom du nationalisme arabe, le monde arabe a été le théâtre de sanglants bouleversements. Certains pays arabes ont été victimes de coups d’État, de massacres fratricides provoquant des exodes de populations, des destructions massives et l’appauvrissement presque total du monde arabe. Grâce à la sagesse des politiciens libanais, le pays a été épargné de secousses et de troubles graves, et le Liban a continué à vivre et prospérer en paix.
Cette situation a été perturbée par les événements de 1958, provoqués par la volonté de la Syrie d’annexer le Liban et de réaliser son rêve de la Grande Syrie. Cette politique de la Syrie remonte au début de l’indépendance. Malheureusement, en 1975, le Liban a été victime de la guerre civile pour les mêmes raisons et, cette fois-ci, la Syrie faisait partie d’un complot avec la participation de tous les pays arabes qui cherchaient à régler leurs différends politiques sur le sol libanais. Le Liban est devenu ainsi la scène de la guerre des autres.
Depuis, la situation s’est compliquée du fait de l’apparition sur cette scène d’un outsider, non arabe, l’Iran, un pays ambitieux, voulant devenir le leader du monde musulman à majorité sunnite.
Devant cette complexité et la gravité de la situation au Liban, quelles sont les prétentions de l’opposition ? Le Hezbollah et le CPL se rendent-ils compte que leur action est insensée ? L’expérience désastreuse du passé des leaders arabes ne leur sert-elle pas de leçon ? Sont-ils aveuglés par leur soif du pouvoir ? Ou bien leurs intérêts égoïstes prévalent-ils sur ceux du pays et du peuple libanais ? Comment expliquer cette profonde haine des leaders du Hezbollah et du CPL à l’encontre de la majorité ? Une pareille haine n’a jamais existé dans les mœurs des vrais Libanais et l’opposition, par ses déclarations inopportunes, se discrédite aux yeux de l’opinion publique locale et internationale.
Les intentions du leader du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, sont bien connues. Malgré toutes ses déclarations, pour soi-disant calmer l’opinion publique, il cherche, avec l’aide et la complicité de la Syrie et de l’Iran, à contrôler le pays. Il est l’ami fidèle de l’Iran, jouissant de ses faveurs dans tous les domaines, militaire, financier, etc.
Quant au général Michel Aoun, il va en guerre contre le gouvernement, le Premier ministre Siniora et la majorité. Son association avec le Hezbollah vise un seul objectif, la présidence, et c’est pour cette raison qu’il reste à la remorque de Hassan Nasrallah. Quand son entourage se rendra-t-il compte de l’incapacité politique de son leader ?
Face à cette situation, que fait le président Lahoud ? Au lieu d’être le président de tous les Libanais sans exception, au lieu d’être l’arbitre entre toutes les confessions et communautés, au lieu de prêcher la modération, l’entente entre tous et résoudre leurs différences et disputes, il prend position en faveur de l’opposition, contre son propre gouvernement et le déclare illégitime. Il refuse de signer tous les décrets que le gouvernement lui adresse. En un mot, il prend parti pour le Hezbollah contre le droit et la légalité sous des prétextes fallacieux. Quelle ironie ! Le président est en contradiction flagrante avec son serment et ses devoirs constitutionnels. Son comportement est répréhensible et condamnable par la Constitution.
L’alliance de l’opposition est hétéroclite. Chaque partie poursuit sa propre politique et chacune a son propre agenda et des intérêts particuliers, différents des autres. Quand le président reviendra-t-il à la raison et, au lieu de faire des déclarations contradictoires, agira-t-il enfin en tant qu’arbitre entre les différentes tendances et confessions pour mettre un terme à cette crise dangereuse, lourde de conséquences graves pour le pays ? Il doit se débarrasser de la tutelle syrienne avant qu’il ne soit trop tard.
Article paru le Mardi 19 Décembre
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Cette situation a été perturbée par les événements de 1958, provoqués par la volonté de la Syrie d’annexer le...