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Actualités - Analyse

ÉCLAIRAGE Au-delà des divergences déclarées, l’élection présidentielle reste un enjeu déterminant

Aucune partie ne le reconnaît ouvertement, mais toutes en sont conscientes : un des principaux enjeux de la crise actuelle est l’élection présidentielle qui doit se tenir, en principe, à l’automne prochain. Pour l’opposition comme pour les forces du 14 Mars, il s’agit de préciser quel Parlement aura la mission d’élire le nouveau président de la République qui sera en place pour les six prochaines années. Selon une source proche de l’opposition, toute la problématique actuelle, y compris le conflit sur le tiers de garantie au sein du gouvernement, cache, en fait, ce souci. Car, si c’est l’actuelle Chambre qui doit choisir le futur président, la majorité est en mesure d’imposer le candidat de son choix, l’élection se déroulant à la majorité des voix des députés, une fois le cap de la convocation de la séance plénière surmonté. D’où la nécessité pour l’opposition d’avoir un nouveau Parlement avant cette échéance, tant elle est convaincue de remporter les élections législatives anticipées, même si la loi électorale reste la même. La revendication de procéder à une élection présidentielle anticipée en février, ou au plus tard en avril, découle aussi de ce souci pour la majorité. Celle-ci souhaite porter à Baabda un candidat de son camp ou en tout cas choisi par elle, le plus tôt possible, pour éviter les répercussions sur le Liban d’éventuels changements régionaux et internationaux. Mais ce scénario se heurte à plusieurs obstacles. D’abord, le refus de l’opposition de mettre ce point en tête de l’agenda en gestation. Selon des sources proches du président de la Chambre, l’idée d’une démission du chef de l’État a été largement évoquée avec les médiateurs arabes, MM. Amr Moussa et Moustapha Osman Ismaïl, la majorité ayant avancé l’équation suivante : si l’opposition réclame le départ du Premier ministre, nous réclamons celle du chef de l’État, ce dernier devant partir avant. À cette affirmation, l’opposition a répondu par l’argument suivant : le Premier ministre est désigné pour une période indéfinie, alors que le chef de l’État a un mandat dont la durée est fixée par la Constitution. Dans un régime démocratique, il est donc normal de changer de gouvernement au cours d’un même mandat présidentiel. Commençons donc par un nouveau gouvernement et la suite s’imposera d’elle-même : nouvelles élections législatives et ensuite l’élection présidentielle. Le second obstacle auquel se heurte le projet de la majorité d’amener un président de son choix, ou en tout cas qui ait son approbation, est son incapacité à s’entendre sur un seul candidat dont le nom serait proposé à l’opposition. Le sujet avait été largement évoqué au cours des séances de dialogue et il n’avait pas pu aboutir à un résultat concret, la majorité affirmant qu’il faut procéder à l’élection présidentielle anticipée et l’opposition réclamant un nom avant d’en approuver le principe. Le troisième obstacle auquel se heurte le projet d’élection présidentielle anticipée est le refus du chef de l’État Émile Lahoud de quitter son poste avant la fin de son mandat. C’est en tout cas ce qu’il dit et répète à ses visiteurs. Or, la seule hypothèse qui pourrait convaincre le président de partir avant terme serait l’accord de toutes les parties sur un candidat d’entente. Mais, tous les indices montrent qu’une telle éventualité ne semble pas d’actualité, selon les différentes sources. Pour ces raisons, affirment une source proche de l’opposition, les négociations continuent de buter sur l’essentiel. Et, face à la difficulté de procéder à une élection présidentielle anticipée, les pourparlers sur la formation d’un nouveau gouvernement deviennent plus ardus. L’enjeu est effectivement de taille pour les deux parties : en cas d’impossibilité d’élire un président à la date prévue, c’est le gouvernement en place qui prendra les rênes du pouvoir, selon les textes constitutionnels. C’est une des raisons qui poussent l’opposition à vouloir à tout prix changer de gouvernement avant l’échéance présidentielle. Elle souhaiterait donc un gouvernement dans lequel elle aurait le tiers plus un des ministres pour pouvoir, en cas de conflit avec la majorité, aboutir à sa démission. Or c’est justement ce que refuse à tout prix la majorité. Face à des positions aussi contradictoires et à des enjeux aussi importants, puisqu’ils dépassent les considérations immédiates, le secrétaire général de la Ligue arabe a une mission quasi impossible. Aucune partie ne semble vouloir céder et toutes les informations sur un progrès concernant le gouvernement d’union nationale évitent d’évoquer l’essentiel : la composition du gouvernement déterminera l’issue de l’élection présidentielle, anticipée ou non. Si l’équipe actuelle reste en place et si l’opposition reste aussi mobilisée, il n’y aura probablement pas d’élection à la date prévue et l’on pourrait se retrouver face à un scénario dans le genre de deux gouvernements et une vacance à la tête de l’État. Mais nous n’en sommes pas encore là et la mission Moussa devra reprendre très bientôt... Scarlett HADDAD

Aucune partie ne le reconnaît ouvertement, mais toutes en sont conscientes : un des principaux enjeux de la crise actuelle est l’élection présidentielle qui doit se tenir, en principe, à l’automne prochain. Pour l’opposition comme pour les forces du 14 Mars, il s’agit de préciser quel Parlement aura la mission d’élire le nouveau président de la République qui sera en place pour les six prochaines années. Selon une source proche de l’opposition, toute la problématique actuelle, y compris le conflit sur le tiers de garantie au sein du gouvernement, cache, en fait, ce souci. Car, si c’est l’actuelle Chambre qui doit choisir le futur président, la majorité est en mesure d’imposer le candidat de son choix, l’élection se déroulant à la majorité des voix des députés, une fois le cap de la convocation de...