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Actualités - Opinion

Convergence d’ennui

Si l’on se résume bien, il ne reste plus aux Libanais pour les aider à se dépêtrer de la ratatouille institutionnelle dans laquelle ils barbotent qu’un Égyptien et un Soudanais : Amr Moussa, le patron indéboulonnable de la Ligue arabe, et son sous-fifre, Moustafa Osman. La démarche rappelle celle de leur ancêtre Mohammad el-Kholi, aux temps joyeux de la guerre en 1975, ce qui nous rajeunit vachement. À quoi tient parfois notre bonheur ! Comme en ce moment on s’ennuie ferme au sein du vieux Machin du Caire, que la mélasse israélo-palestinienne signifie toujours la mort à domicile et à deux missiles, qu’à Bagdad le Salon de l’auto piégée devient monotone, et qu’à la fin tout cela vire au barbant, les deux comiques troupiers arabes ont ainsi décidé de venir se marrer auprès de nos vieux croûtons. Agréable coïncidence : ces derniers, eux aussi, ont du temps à perdre depuis qu’ils ont jeté leurs ouailles dans les rues pour mieux se barricader à l’intérieur de leurs clapiers. Il y a donc comme qui dirait une convergence d’ennui, qui pousse tout ce joli monde à refaire le Liban autour d’un bon café. Voilà donc Ramsès et son nubien à pied d’œuvre pour la tournée des bouffons : un derviche tourneur à Aïn el-Tiné, un rictus oblique vautré au Grand Sérail, un barbichu sur son palatin à Koraytem, un barbu broussailleux enfoui sous terre et enfin son alibi chrétien perché à Rabieh. Puis c’est l’inénarrable conférence de presse. Le Ligue arabeux en chef, qui visiblement n’a rien à gratter de nos histoires de clochers et de minarets, déballe son laïus d’un air grave et compassé comme si sa vie en dépendait. Après un quart d’heure de verbiage convenu, voire sans intérêt, les journalistes l’interrogent sur son bilan. Réponse courageuse et sans rire de Moumousse : « Seul le dialogue pourra réunifier les Libanais. » Des propos qui ne mangent pas de pain, aussitôt relayés par son entonnoir soudanais qui cherche à glisser que l’idée vient de lui. Conclusion pratique : les Libanais ont tout lieu d’être optimistes. Si leur problème a une solution, il ne sert à rien de s’inquiéter. Et s’il n’en a pas, alors s’inquiéter ne change rien. Gaby NASR
Si l’on se résume bien, il ne reste plus aux Libanais pour les aider à se dépêtrer de la ratatouille institutionnelle dans laquelle ils barbotent qu’un Égyptien et un Soudanais : Amr Moussa, le patron indéboulonnable de la Ligue arabe, et son sous-fifre, Moustafa Osman. La démarche rappelle celle de leur ancêtre Mohammad el-Kholi, aux temps joyeux de la guerre en 1975, ce qui nous rajeunit vachement. À quoi tient parfois notre bonheur !
Comme en ce moment on s’ennuie ferme au sein du vieux Machin du Caire, que la mélasse israélo-palestinienne signifie toujours la mort à domicile et à deux missiles, qu’à Bagdad le Salon de l’auto piégée devient monotone, et qu’à la fin tout cela vire au barbant, les deux comiques troupiers arabes ont ainsi décidé de venir se marrer auprès de nos vieux croûtons.
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