L’OPEP, réunie à Abuja, semble hésiter à abaisser à nouveau sa production pour la seconde fois en deux mois face à des cours du pétrole toujours perchés à plus de 60 dollars le baril et une économie mondiale qui semble à la croisée des chemins.
Les ministres arrivés dans la capitale nigériane ont émis des avis contradictoires sur la nécessité d’abaisser dès cette fois la production de brut de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), actuellement estimée à 28,9 millions de barils par jour (mbj).
L’Iran, l’Algérie ou le Venezuela se sont clairement prononcés pour une baisse de production, alors que la Libye s’y oppose, arguant que la situation actuelle demeure satisfaisante.
Le chef de file de l’OPEP, le ministre du Pétrole saoudien Ali al-Nouaïmi, s’est pour sa part montré un peu plus ambigu, se contentant de déclarer que l’OPEP avait pris « une bonne décision à Doha » lorsqu’elle avait décidé de réduire sa production de 1,2 million de barils par jour, contribuant ainsi à la stabilité du marché.
Mais « nous avons probablement encore un peu de travail à faire pour rendre le marché encore plus stable », a-t-il ajouté.
Ces propos peuvent être interprétés comme un soutien à une proposition de baisse de la production ou à un meilleur respect des objectifs fixés à Doha, estime un analyste présent en marge de la réunion.
À l’époque, l’OPEP n’avait pas modifié son quota officiel – devenu largement symbolique car plus respecté depuis des mois – de 28 mbj, mais s’était engagée à réduire sa production réelle de 1,2 mbj à 26,3 mbj (hors Irak).
Or, de l’avis général, elle a beaucoup de mal à s’autodiscipliner pour respecter cette décision, et beaucoup de pays continuent de produire bien plus qu’ils n’y sont théoriquement autorisés.
La réduction réelle de production de l’OPEP est ainsi estimée à entre 500 000 et 800 000 barils par jour, bien loin des 1,2 mbj sur lesquels elle s’était engagée.
Les ministres présents à Abuja sont au moins tous d’accord sur un constat : le niveau des stocks de pétrole dans les pays consommateurs est trop élevé et pose problème, car plus les stocks sont abondants, moins l’OPEP a le contrôle du marché.
Malgré les dissensions encore apparentes, le président de l’OPEP, le Nigérian Edmund Daukoru, et les autres ministres se disent confiants de pouvoir parvenir à un consensus jeudi.
De nouveaux éléments devraient filtrer après la réunion du Comité de surveillance des marchés (MMSC) de l’OPEP, constitué des représentants du Nigeria, de l’Iran et du Koweït, et dont l’avis est consultatif.
Mais, pour l’heure, les analystes ne savent pas trop sur quel pied danser. « De nombreux opérateurs pensent que l’OPEP va annoncer aujourd’hui qu’elle réduit sa production. Mais on ne peut en aucun cas en être absolument sûr », résume Michael Davies, de Sucden.
Ils reconnaissent qu’un très grand nombre de facteurs entreront en ligne de compte dans leur décision, comme la chute du dollar ou la santé de l’économie mondiale.
Pour l’Agence internationale de l’énergie, voix des pays consommateurs, la décision de l’OPEP à Doha risque déjà de « rendre le marché plus tendu cet hiver ». L’OPEP devrait aussi lors de sa réunion se pencher sur la probable candidature de l’Angola.
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Les ministres arrivés dans la capitale nigériane ont émis des avis contradictoires sur la nécessité d’abaisser dès cette fois la production de brut de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), actuellement estimée à 28,9 millions de barils par jour (mbj).
L’Iran, l’Algérie ou le Venezuela se sont clairement prononcés pour une baisse de production, alors que la Libye s’y oppose, arguant que la situation actuelle demeure satisfaisante.
Le chef de file de l’OPEP, le ministre du Pétrole saoudien Ali al-Nouaïmi, s’est pour sa part montré un peu...