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Actualités - Chronologie

FUSION Suez-GDF : le feuilleton à rebondissements de 2006 à l’épilogue incertain

Le premier acte de la fusion Suez GDF s’est joué un samedi de février lorsque Dominique de Villepin a annoncé le projet, supposé aboutir avant le 31 décembre, mais, depuis, le feuilleton n’a cessé de rebondir et le projet semble désormais moribond. Les deux groupes ont surmonté les obstacles syndicaux et politiques, européens et financiers pendant plusieurs mois, mais le mois de novembre leur a été particulièrement funeste. L’annonce de la fusion fut hâtive, avec la presse invitée par surprise à Matignon le 25 février, pour écouter le Premier ministre annoncer le projet de mariage, flanqué du ministre de l’Économie Thierry Breton et des PDG des deux entreprises, Gérard Mestrallet (Suez) et Jean-François Cirelli (GDF). Il s’agissait alors de contrer la menace de l’Italien Enel sur Suez. Le groupe d’énergie et d’environnement, avec son capital éclaté et ses activités diverses, fait figure de proie de choix, facile à dépecer dans la course à la concentration qui se joue en Europe. Le principal problème est que la fusion entre les deux groupes français entraîne de facto la privatisation de Gaz de France, contrevenant ainsi à la promesse du gouvernement en 2004, par la bouche de Nicolas Sarkozy, que l’État ne passerait pas sous la barre des 70 %. La gauche et les syndicats sont vent debout contre cette privatisation. Mais ils ne parviennent pas à mobiliser l’opinion publique. À droite, une partie des parlementaires est opposée à la fusion, dans le sillage de l’hostilité de Nicolas Sarkozy, et dans la crainte d’un retour de bâton électoral en 2007. Mi-juin, le gouvernement est contraint de reporter à la rentrée l’examen du projet de loi qui privatisera GDF. Après avoir passé son été à tenter de convaincre les parlementaires UMP, Thierry Breton mène la bataille à l’Assemblée face à une opposition farouche. Socialistes et communistes ont déposé plus 130 000 amendements, record de la 5e République. La loi est définitivement adoptée le 8 novembre. La Commission européenne s’était elle aussi emparée du dossier en juin en lançant une enquête sur les questions de concurrence posées par la naissance de ce nouveau géant de l’énergie en Europe. Pendant plusieurs semaines, les rumeurs vont se multiplier sur les exigences exorbitantes de Bruxelles qui feraient capoter le projet. Au final, les groupes sont contraints de faire des concessions en s’allégeant, essentiellement en Belgique, mais réussissent à conserver un profil industriel cohérent. Parallèlement, les équipes des deux groupes commencent à se déchirer sur la répartition des postes dans le futur ensemble, avant de tomber d’accord sur un organigramme parfaitement paritaire. Le processus semblait donc enfin sur les rails lorsqu’il a trébuché sur les dernières marches : la justice a d’abord ordonné le report de la fusion à 2007 en donnant droit à la demande des syndicats de GDF d’une meilleure information des salariés. Le Conseil constitutionnel enfonce le clou quelques jours plus tard en repoussant carrément après les échéances présidentielle et législative l’entrée en vigueur de la privatisation de GDF, et donc aussi la fusion avec Suez, qui deviennent inévitablement des enjeux électoraux. Moribond, le projet suscite désormais beaucoup d’interrogations : les actionnaires de Suez veulent-t-ils toujours aller au bout ? En cas d’échec avant les élections, quelles seraient les conséquences pour la droite ? Et si le projet survit jusque-là, que fera le vainqueur de la présidentielle ?

Le premier acte de la fusion Suez GDF s’est joué un samedi de février lorsque Dominique de Villepin a annoncé le projet, supposé aboutir avant le 31 décembre, mais, depuis, le feuilleton n’a cessé de rebondir et le projet semble désormais moribond.
Les deux groupes ont surmonté les obstacles syndicaux et politiques, européens et financiers pendant plusieurs mois, mais le mois de novembre leur a été particulièrement funeste.
L’annonce de la fusion fut hâtive, avec la presse invitée par surprise à Matignon le 25 février, pour écouter le Premier ministre annoncer le projet de mariage, flanqué du ministre de l’Économie Thierry Breton et des PDG des deux entreprises, Gérard Mestrallet (Suez) et Jean-François Cirelli (GDF).
Il s’agissait alors de contrer la menace de l’Italien Enel sur Suez. Le groupe...