Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

L’initiative de Bkerké, une solution potentielle n’était-ce l’influence des parties extérieures

Tant que la solution n’est pas à Beyrouth, mais à Damas et Téhéran, tous les efforts et toutes les médiations actuellement en cours continueront à faire long feu aussi longtemps que ces deux capitales n’auront pas réalisé leurs objectifs dans le cadre de leur confrontation avec les États-Unis au Liban. C’est bien dans ce sens qu’il faut comprendre la position exprimée mercredi par le vice-président syrien, Farouk el-Chareh, lorsqu’il a affirmé que Damas aurait pu régler la crise au Liban dès le premier jour des manifestations s’il avait voulu intervenir. En d’autres termes, que la solution du problème libanais est en Syrie et nulle part ailleurs, et que cette dernière est capable de bloquer tout règlement potentiel qui n’aurait pas son accord, ce qui est effectivement le cas actuellement... Il n’y a là en définitive rien de bien surprenant. Lorsque le Liban est en crise, c’est toujours en raison d’événements extérieurs, et c’est toujours au-dehors que la décision se transpose. Il suffit d’évoquer les expériences de 1958 et de 1975-1990 pour s’en convaincre. La situation actuelle n’échappe pas à la règle : la crise a été créée de l’extérieur, en attendant qu’elle soit résolue hors du territoire libanais. Et sous la revendication trompeuse d’un cabinet d’union nationale, c’est une solution bien plus globale et plus complexe qui est nécessaire. À travers les deux communiqués de l’Assemblée des évêques maronites, Bkerké a lancé une initiative qui aurait pu paver la voie à une solution globale à la crise si les intentions étaient sincères de part et d’autre, et si les Libanais n’étaient pas influencés par des parties extérieures. Le fait est, par ailleurs, qu’il n’existe pas de consensus sur la priorité à accorder aux propositions évoquées par les évêques maronites. L’entrée en matière devrait-elle être une élection présidentielle anticipée ou des législatives avant l’heure ? Comment former le gouvernement élargi dit « d’union nationale » ? Et qui aura l’ascendant au sein de ce gouvernement pour prendre des décisions ? Pour désamorcer la rue, et mettre fin à la crise et à ses conséquences catastrophiques sur la situation économique, Bkerké a invité le président de la Chambre, Nabih Berry, à lancer un appel à la Chambre pour qu’elle se réunisse et que les institutions sortent de leur paralysie. Cependant, le président Berry a les mains liées dans la conjoncture actuelle et ne peut répondre à l’appel de Bkerké tant qu’il n’y a pas une solution à la crise de pouvoir par la formation d’un cabinet d’union nationale. De son côté, le président de la République n’a pas tardé à réagir négativement à la position des évêques maronites en faveur d’une élection présidentielle anticipée, estimant que la priorité devrait aller au rééquilibrage de la représentation parlementaire, et donc à des législatives anticipées. Le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, avait d’ailleurs adressé une lettre au président Lahoud il y a deux semaines, évoquant la situation désastreuse du pays sur les plans politique, sécuritaire et socio-économique, et l’appelant à prendre la décision qui s’impose et qui est dans l’intérêt du pays. Toutefois, le président Lahoud n’a pas cru bon de percevoir cette lettre comme un appel à la démission, mais comme un simple bilan de la situation. La missive est donc restée sans réponse, ce qui a incité Bkerké à clarifier une fois pour toutes sa position mercredi en faveur d’une élection présidentielle anticipée. Quoi qu’il en soit, pour les observateurs, il n’y a pas de solution à la crise en dehors de la Syrie et de l’Iran, qui affirment pourtant ne pas s’ingérer dans les affaires libanaises. Surtout dans le cas où les sit-in viennent à se transformer en manifestations, ouvrant la voie à un dérapage incontrôlé et incontrôlable, à la violence et à l’intervention des forces armées. Le Liban est face à un choix dont il n’est pas le seul maître et qui sera déterminé dans les jours qui viennent : l’apaisement, qui serait la résultante d’un équilibre des forces suffisamment dissuasif pour conduire chacune des parties à la recherche d’un résultat, ou bien le chaos, qui ne manquera pas de s’étendre à l’ensemble de la région. Émile KHOURY
Tant que la solution n’est pas à Beyrouth, mais à Damas et Téhéran, tous les efforts et toutes les médiations actuellement en cours continueront à faire long feu aussi longtemps que ces deux capitales n’auront pas réalisé leurs objectifs dans le cadre de leur confrontation avec les États-Unis au Liban. C’est bien dans ce sens qu’il faut comprendre la position exprimée mercredi par le vice-président syrien, Farouk el-Chareh, lorsqu’il a affirmé que Damas aurait pu régler la crise au Liban dès le premier jour des manifestations s’il avait voulu intervenir. En d’autres termes, que la solution du problème libanais est en Syrie et nulle part ailleurs, et que cette dernière est capable de bloquer tout règlement potentiel qui n’aurait pas son accord, ce qui est effectivement le cas actuellement...
Il n’y a...