Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ahmad Fatfat, a estimé hier qu’une grande partie du 8 Mars « ne désire qu’une seule chose, paralyser le rôle du Parlement. Preuve en est, cette partie n’a pas eu recours au Parlement pour s’opposer au gouvernement ». Le ministre a aussi tenu à faire part de « sa confiance en M. Berry » qui, selon lui, « va assumer ses responsabilités et organiser une session parlementaire pour trancher dans l’affaire du tribunal ». Il a expliqué qu’à partir du moment où « un décret est transféré à la Chambre, il est de la responsabilité de son président d’appeler à une séance pour que ce décret soit discuté. Si le président ne fait pas cela, des députés peuvent présenter un décret urgent durant la séance. Sauf s’il existe une volonté délibérée de paralyser le Parlement jusqu’à la fin de son mandat ».
Concernant les réclamations de l’opposition et sa demande d’accéder au tiers de blocage, Ahmad Fatfat a estimé que ces revendications contrevenaient à l’accord de Taëf « et aux compétences du Premier ministre, et c’est pour cela que nous allons continuer à servir ce pays, nous n’accepterons pas de le voir s’effondrer et avec lui les libertés et la démocratie (...) sous n’importe quel prétexte ».
Commentant par ailleurs le déroulement des manifestations, il a fait remarquer que « le spectacle autour du Sérail était satisfaisant, car la foule a brandi des drapeaux libanais ». M. Fatfat n’a pas manqué de souligner à cet égard qu’ « ils avaient beaucoup appris du 14 Mars, et c’est là un message positif ».
Le député du Batroun, Boutros Harb, a rappelé de son côté que « le gouvernement est là car il bénéficie de la confiance du Parlement ». « Bien sûr, a-t-il poursuivi, les rassemblements populaires doivent être pris en compte, mais il y a aussi un nombre encore plus grand qui serait prêt à descendre pour apporter son soutien au gouvernement. Nous appelons au respect de la procédure démocratique qui permet de renverser le gouvernement. » Le député a ajouté que l’opposition « essaie de prendre le pouvoir de manière non constitutionnelle, à travers la rue et en faisant pression sur le secteur économique et les moyens de survie du citoyen. Nous n’avons pas pour notre part l’intention de monopoliser le pouvoir ni d’isoler qui que ce soit, bien au contraire, nous lançons un appel ouvert à la participation, pour le bien du Liban ».
D’autre part, le député du PSP, Akram Chehayeb, a déclaré que « des solutions auraient pu être élaborées si les intentions étaient bonnes et si le but de l’opposition était vraiment sa participation au gouvernement ». M. Chehayeb a ainsi rappelé qu’il avait souhaité que les problèmes se règlent autour d’une véritable table de dialogue, « mais ils sont descendus dans la rue (...) et ils ont bloqué l’économie du pays une semaine durant. Les mouvements de protestation sont permis mais toujours dans le respect de la Constitution, des établissements publics et des propriétés privées ». De plus, pour le député, ce mouvement répond à des « influences régionales qui ont pour dessein de réaliser les vœux du régime syrien ».
Par ailleurs, le Parti national libéral (PNL) a indiqué dans son communiqué hebdomadaire que « le mouvement de protestation (...) n’était autre qu’une tentative sérieuse de coup d’État et ce afin de battre en brèche toutes les réalisations qui ont vu le jour depuis le retrait des troupes syriennes ». Le but étant, d’après le PNL, « de replacer le Liban sous tutelle, même si pour cela il faut passer par des putschistes qui ont pour point commun leur loyauté envers la Syrie ». Ce mouvement vise « à créer un vide politique (...) qui servira à faire échouer le tribunal international et la conférence Paris III », a poursuivi le communiqué.
Le président de la Ligue de défense des libertés publiques et de la démocratie, Sinane Barrage, a relevé quant à lui que « l’appel du président de la République aux fonctionnaires de ne pas se conformer aux ordres de leurs supérieurs constitue un événement sans précédent ». M. Barrage a en outre indiqué que le président « prenait désormais partie aux côtés de l’opposition (...) Les forces du 14 Mars et la majorité avaient donc raison de réclamer son départ ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ahmad Fatfat, a estimé hier qu’une grande partie du 8 Mars « ne désire qu’une seule chose, paralyser le rôle du Parlement. Preuve en est, cette partie n’a pas eu recours au Parlement pour s’opposer au gouvernement ». Le ministre a aussi tenu à faire part de « sa confiance en M. Berry » qui, selon lui, « va assumer ses responsabilités et organiser une session parlementaire pour trancher dans l’affaire du tribunal ». Il a expliqué qu’à partir du moment où « un décret est transféré à la Chambre, il est de la responsabilité de son président d’appeler à une séance pour que ce décret soit discuté. Si le président ne fait pas cela, des députés peuvent présenter un décret urgent durant la séance. Sauf s’il existe une volonté délibérée de paralyser le...