Mon fils avait quatre ans quand je l’emmenais avec moi à Baabda vous servir de bouclier humain. Je le faisais à l’insu de mon mari qui n’était pas moins souverainiste que vous, mais plus pragmatique. Il réalisait que sans appuis, les Libanais ne pourraient imposer leur volonté.
Je me souviens de notre détresse la nuit où vos ministres s’étaient récusés. Je me souviens de votre dissolution de l’Assemblée nationale qui n’a pas été jugée constitutionnelle.
Je me rappelle les guerres «elgha» et «tahrir» qui nous ont porté le coup de grâce et renforcé l’occupation syrienne. Je me souviens qu’un certain 13 octobre au matin, les nouvelles de la radio contredisaient celles des journaux imprimés quelques heures plus tôt: «Je ne me rendrai pas...», «Il s’est rendu à l’ambassade de France».
Durant votre exil en France, pendant que certains politiciens se sont vautrés dans la collaboration, les aounistes ont payé de leur dignité le maintien de la flamme souverainiste.
Le Liban leur devra ça à tout jamais. Comme il devra beaucoup au courage politique constant de patriotes comme Dory Chamoun et le père Sélim Abou.
De votre traversée du désert, vous êtes revenu assoiffé de ce pouvoir dont vous estimez avoir été spolié. Et votre première injonction à la descente d’avion «Taisez-vous!» avait de quoi nous rendre perplexes. Vous n’avez pas compris que la monstruosité de l’assassinat de Rafic Hariri a fait sauter le verrou de la peur et transformé nombre de collaborateurs en résistants. Désormais vous n’êtes plus seul à porter le flambeau de la souveraineté.
Au lieu de vous réjouir, vous leur en avez voulu.
C’est vrai que le 14 Mars n’a pas été tendre avec vous, qu’il a cafouillé concernant la loi et les alliances électorales. Mais aujourd’hui encore vous vous trompez de timing à défaut de vous tromper de bataille. Au lieu de crier «tous pourris», on aimerait vous entendre clamer «tous vivants».
Vivants Georges, Samir, Gebran et Pierre, fauchés par les ennemis du Liban.
Aujourd’hui, vous ne pouvez réduire le 14 Mars au 14 Février.
Le 14 Mars, ce n’est pas vous qui l’incarnez.
Ni vous, ni Saad Hariri, ni Walid Joumblatt, ni Samir Geagea, ni Kornet Chehwane ni… Mais des Libanais «Mouslimine wa Massihiyine» prêts encore une fois à servir de bouclier humain pour que vive la souveraineté du Liban.
Carla YARED
Mon fils avait quatre ans quand je l’emmenais avec moi à Baabda vous servir de bouclier humain. Je le faisais à l’insu de mon mari qui n’était pas moins souverainiste que vous, mais plus pragmatique. Il réalisait que sans appuis, les Libanais ne pourraient imposer leur volonté.
Je me souviens de notre détresse la nuit où vos ministres s’étaient récusés. Je me souviens de votre dissolution de l’Assemblée nationale qui n’a pas été jugée constitutionnelle.
Je me rappelle les guerres «elgha» et «tahrir» qui nous ont porté le coup de grâce et renforcé l’occupation syrienne. Je me souviens qu’un certain 13 octobre au matin, les nouvelles de la radio contredisaient celles des journaux imprimés quelques heures plus tôt: «Je ne me rendrai pas...», «Il s’est rendu à l’ambassade de France»....
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