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FINANCE Les banques occidentales tirent les fruits de leur investissement à l’Est

Les banques occidentales arrivées en Europe centrale dans les années 90 récoltent aujourd’hui les fruits d’un investissement parfois risqué. Les retardataires, en revanche, se heurtent à un marché saturé, à l’exception de la Russie au fort potentiel. Avec une population d’environ 330 millions d’habitants pour l’Europe centrale et orientale, de 143 millions pour la Russie et un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) de plus de 6 % estimé pour 2006, la région apparaît comme un eldorado aux yeux des banques de la vieille Europe, qui est loin de connaître une telle vitalité économique. Dès le début des années 90, certaines d’entre elles ont pris le risque de se lancer dans ces pays à peine sortis de l’ex-bloc soviétique. Une stratégie qui aujourd’hui paie, estimaient cette semaine les participants à un congrès bancaire à Francfort. Les banques étrangères possèdent des parts de marché cumulées de 70 % à 90 %. Les autrichiennes, du fait de leur proximité géographique, ont fait partie des plus téméraires. Résultat, deux d’entre elles, Raiffeisen Zentralbank et Erste Bank, se trouvent dans le quinté de tête des banques présentes en Europe centrale et orientale en termes de somme de bilan, aux côtés de la française Société Générale, en cinquième position. L’italienne UniCredit arrive en première place, grâce au rachat l’an dernier de l’institut bancaire bavarois HVB et de sa filiale autrichienne BA-CA, et table à présent avant tout sur sa croissance organique dans la région, a rappelé Andrea Moneta, directeur pour la région de BA-CA. L’institut milanais a fait son entrée relativement tard dans cette zone, en 1999, mais compte à présent dessus pour augmenter sa croissance, a expliqué M. Moneta. « Nous avons tiré profit du processus de privatisation » des dernières années, a-t-il souligné. Et de vanter les qualités de l’Europe orientale : forte croissance, niveau d’éducation élevé des jeunes, stabilité politique. « Nous avons les bases pour pouvoir faire de bonnes affaire », a-t-il résumé. Les perspectives de développement restent fortes. « La pénétration bancaire n’est pas encore très importante », a fait valoir Martin Blessing, membre du directoire de la banque allemande Commerzbank. Un vivier d’environ 150 millions d’habitants restent ainsi sans compte bancaire, selon une étude de la BA-CA. Seul bémol, les investisseurs étrangers ne sont pas toujours les bienvenus, comme le montre le cas de la Pologne, où le gouvernement est soupçonné de vouloir mettre à mal l’indépendance des autorités de régulation bancaire, après avoir cherché à entraver la fusion HVB/UniCredit. Pour les banques qui ont raté le coche de l’Europe centrale et orientale, les espoirs se tournent maintenant vers la Russie. La part de marché des banques étrangères y tourne autour de 10 %, et les opportunités d’achat sont plus importantes qu’en Chine ou en Inde, où il est pratiquement impossible d’acquérir un institut local, selon M. Moneta. De nombreuses banques de l’Ouest ont d’ailleurs fait des emplettes dans le pays ces dernières années, alléchées par l’émergence d’une classe moyenne avide de consommer. La Commerzbank a pris une part de 15,3 % dans l’institut moscovite Promsvyazbank et veut à terme s’en assurer le contrôle. Société Générale est entrée au capital de Rosbank, deuxième banque privée russe. L’acquisition d’une grande banque russe reste pourtant difficile, a averti Laszlo Wolf, PDG de la banque hongroise OTP Bank. « Les principales banques russes veulent elle-mêmes devenir des acteurs de poids » et n’ont pas l’intention de se faire manger.

Les banques occidentales arrivées en Europe centrale dans les années 90 récoltent aujourd’hui les fruits d’un investissement parfois risqué. Les retardataires, en revanche, se heurtent à un marché saturé, à l’exception de la Russie au fort potentiel.
Avec une population d’environ 330 millions d’habitants pour l’Europe centrale et orientale, de 143 millions pour la Russie et un taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) de plus de 6 % estimé pour 2006, la région apparaît comme un eldorado aux yeux des banques de la vieille Europe, qui est loin de connaître une telle vitalité économique.
Dès le début des années 90, certaines d’entre elles ont pris le risque de se lancer dans ces pays à peine sortis de l’ex-bloc soviétique. Une stratégie qui aujourd’hui paie, estimaient cette semaine les...