Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Au Liban-Sud, les écoliers apprennent à surmonter les blessures de la guerre

Regroupés dans les écoles épargnées par la guerre de l’été, les enfants du Liban-Sud ont commencé une année scolaire particulière, initiés aux dangers de leur nouvel environnement parsemé de sous-munitions et invités par les professeurs à exprimer leurs angoisses. Dans le lycée privé de Hanaouay, à l’est de la ville portuaire de Tyr, ils sont plusieurs centaines, âgés de 5 à 11 ans, à assister à la séance d’une heure qui va les familiariser avec le piège mortel des sous-munitions, disséminées dans la région depuis l’offensive israélienne de juillet et août. Le dessin animé qui met en situation des enfants confrontés aux mêmes dangers, entrecoupé de plans fixes montrant différents types d’explosifs, sera suivi d’une séance de questions-réponses avec les éducateurs. « Le premier message que nous leur transmettons est de ne pas s’approcher s’ils voient une sous-munition et de prévenir leurs parents », explique à l’AFP Rana Alijami, éducatrice de l’organisation non gouvernementale italienne Intersos, qui participe à ce programme mis en place par l’Unicef. Les enfants applaudissent. Le message semble entendu. « Il ne faut pas approcher des bombes, ne pas aller dans les endroits isolés », répète Rayane, une fillette de 7 ans. Mais éducateurs et enseignants reconnaissent que l’effort pédagogique sera vain s’il n’est pas relayé par l’entourage et les parents, parfois eux-mêmes trop démunis pour répondre aux attentes de leurs enfants. « La guerre a cassé le système familial, les parents ne savent pas comment aider leurs enfants, car ils ont eux-mêmes subi un traumatisme », souligne Francesca Scarioni, d’Intersos. « Le fait d’éduquer les parents aussi est essentiel, remarque Nicole Ireland, une porte-parole de l’Unicef au Liban. Quoi que vous appreniez aux enfants, si leurs parents leur disent par exemple qu’ils peuvent toucher aux sous-munitions, ce sont eux qu’ils vont écouter et tous ces efforts risquent d’être réduits à néant. » Les enseignants sont aussi mis à contribution pour répéter le message toute l’année et suivent des séances de formation afin de repérer les enfants les plus fragilisés. « Certains sont rescapés de bombardements, d’autres ont vu leur maison détruite. Nous apprenons à leur faire dire ce qu’ils ont ressenti, pour essayer de leur faire oublier ce qui s’est passé », raconte Maha Fouani, professeur d’anglais, qui a suivi une de ces sessions, organisées par l’Unicef et le ministère de l’Éducation, dans une école publique de Tyr. Par ailleurs, le retour à l’école, souligne la porte-parole de l’Unicef, était essentiel « pour redonner aux enfants le sens de la normalité » et leur permettre de surmonter les traumatismes « en vivant dans un environnement sûr et cadré ». « Pourtant, l’école seule n’est pas suffisante pour aider les enfants à retrouver leurs repères, les parents et la société doivent aider, remarque Oumaina Khadra, conseillère d’éducation. Or les enfants libanais sentent que leur pays n’est pas un endroit où ils peuvent vivre en sécurité. »
Regroupés dans les écoles épargnées par la guerre de l’été, les enfants du Liban-Sud ont commencé une année scolaire particulière, initiés aux dangers de leur nouvel environnement parsemé de sous-munitions et invités par les professeurs à exprimer leurs angoisses.
Dans le lycée privé de Hanaouay, à l’est de la ville portuaire de Tyr, ils sont plusieurs centaines, âgés de 5 à 11 ans, à assister à la séance d’une heure qui va les familiariser avec le piège mortel des sous-munitions, disséminées dans la région depuis l’offensive israélienne de juillet et août.
Le dessin animé qui met en situation des enfants confrontés aux mêmes dangers, entrecoupé de plans fixes montrant différents types d’explosifs, sera suivi d’une séance de questions-réponses avec les éducateurs.
« Le premier message...