Les écrivains et les philosophes se demandaient, de tout temps, comment créer l’État idéal. Ils cherchaient le concept étatique qui révolutionnerait non seulement leur époque, mais bel et bien le monde. Ils vivaient ainsi dans une utopie perpétuelle à force de se creuser la tête pour instaurer l’État de droit.
« L’État de droit » : quelle belle expression ! On croirait, en la lisant, faire un rêve éveillé. Justement, existe-t-il cet État ? Heureusement que nous avons notre imagination pour le créer.
Pour revenir à ces philosophes, aux as de l’imagination et des déroutes philosophiques, il serait bon de citer en premier lieu Aristophane. Il est curieux d’évoquer ce dramaturge ici car, à l’époque, les hommes de lettres s’occupaient peu de politique. Pourtant, dans sa pièce de théâtre Le gouvernement des femmes, Aristophane imagine un État dirigé uniquement par des femmes, ces dernières s’insurgeant contre des hommes ingrats qui les avilissent et oublient qu’elles sont, autant sinon plus qu’eux, des êtres doués de pensée et de raison. Autant dire que le concept était novateur pour l’époque.
Et puis, pour reprendre aussi une autre idée étatique, ne pas citer La république de Platon serait sacrilège. Imaginer une république était tout simplement formidable. Platon était un précurseur, car il avait trouvé les bons mots, mais à la mauvaise époque. Maintenant il en aurait eu des choses à dire...
Une des citations qui reflètent bien cet état de choses est la célèbre phrase de Voltaire dans Candide : « Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. » L’optimisme déraisonnable de cette phrase donne à réfléchir car, effectivement, en y regardant bien, il s’agit du « meilleur des mondes possibles ».
En gros, Voltaire voulait dire que nous ne regardons, en général, pas plus loin que le bout de notre nez sans aucune vision du futur et de ce qui serait bon pour le bien de la communauté. La phrase de Voltaire est surprenante car elle reste au cœur de l’actualité. Nous ne sommes contents que de ce qu’on nous offre et non de ce qu’on pourrait nous offrir de meilleur.
Si nous extrapolons à la situation actuelle dans le monde en général et au Liban en particulier, on verra que Voltaire avait tout compris et que, finalement, il serait bon de revoir certains concepts politiques et littéraires implicites pour mieux gouverner.
J. P. MOUBARAK
Article paru le vendredi 17 novembre 2006
Les écrivains et les philosophes se demandaient, de tout temps, comment créer l’État idéal. Ils cherchaient le concept étatique qui révolutionnerait non seulement leur époque, mais bel et bien le monde. Ils vivaient ainsi dans une utopie perpétuelle à force de se creuser la tête pour instaurer l’État de droit.
« L’État de droit » : quelle belle expression ! On croirait, en la lisant, faire un rêve éveillé. Justement, existe-t-il cet État ? Heureusement que nous avons notre imagination pour le créer.
Pour revenir à ces philosophes, aux as de l’imagination et des déroutes philosophiques, il serait bon de citer en premier lieu Aristophane. Il est curieux d’évoquer ce dramaturge ici car, à l’époque, les hommes de lettres s’occupaient peu de politique. Pourtant, dans sa pièce de théâtre Le...
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