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Actualités - Chronologie

Afghanistan Les activités humanitaires de l’OTAN mettent en danger les ONG sur place

Les ONG implantées en Afghanistan s’inquiètent du rôle accru que veut jouer la force de l’OTAN dans la reconstruction du pays, craignant que la population ne fasse plus la distinction entre militaires et humanitaires sur fond de détérioration de la situation sécuritaire. Les activités « civilo-militaires » de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) de l’OTAN, telles la reconstruction de ponts, d’écoles ou la distribution de livres ou de vivres, « mettent en danger les humanitaires », estime le chef de la mission afghane de l’ONG française Action contre la faim, Thomas Loreaux. « Les gens ne font plus la différence entre humanitaires et militaires. Et cela remet en cause notre neutralité et notre indépendance », déplore M. Loreaux, dont l’organisation est présente en Afghanistan depuis 1979. Les organisations non gouvernementales étrangères mais aussi afghanes sont régulièrement la cible d’enlèvements ou d’attaques parfois meurtrières. Cette année, au moins 14 employés afghans d’ONG ont été tués, la plupart dans le nord du pays pourtant relativement épargné par les violences qui enflamment le Sud. « La situation ne cesse de se détériorer et, dans ce contexte, les forces de l’OTAN devraient mettre tous leurs efforts dans la sécurité », estime le directeur de mission afghane de Dacaar, Erik Toft. Mais l’ISAF affirme être engagée dans une course contre la montre pour reconstruire le pays alors que le mécontentement de la population va croissant : l’eau, l’électricité et autres infrastructures de base restent encore trop souvent un vœu pieux dans ce pays dévasté par plus de 20 ans de guerre. « Nous sommes conscients des inquiétudes des humanitaires. Mais nous agissons sur le même terrain dans le même but : obtenir rapidement des résultats concrets pour la population », explique un porte-parole de l’ISAF en soulignant que la force de l’OTAN opère dans des régions où les ONG sont souvent absentes. Les ONG étrangères ont déjà pour la plupart cessé leurs activités dans des régions du Sud comme Kandahar, bastion des talibans au pouvoir de 1996 à 2001 et où les attentats sont fréquents tout comme les affrontements entre insurgés et soldats de l’ISAF. Les ONG qui sont restées à Kandahar, comme Oxfam, n’emploient plus que des locaux « qui se déplacent comme le quidam pour éviter de se faire remarquer », relève le responsable de la sécurité d’Oxfam, refusant d’être identifié. Même au sein des pays membres de l’OTAN, la volonté de renforcer le « rôle humanitaire » de l’ISAF ne fait pas l’unanimité. Certains, comme la France, estiment que ces missions doivent relever d’organisations comme l’ONU et l’Union européenne.

Les ONG implantées en Afghanistan s’inquiètent du rôle accru que veut jouer la force de l’OTAN dans la reconstruction du pays, craignant que la population ne fasse plus la distinction entre militaires et humanitaires sur fond de détérioration de la situation sécuritaire.

Les activités « civilo-militaires » de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) de l’OTAN, telles la reconstruction de ponts, d’écoles ou la distribution de livres ou de vivres, « mettent en danger les humanitaires », estime le chef de la mission afghane de l’ONG française Action contre la faim, Thomas Loreaux.
« Les gens ne font plus la différence entre humanitaires et militaires. Et cela remet en cause notre neutralité et notre indépendance », déplore M. Loreaux, dont l’organisation est présente en Afghanistan...