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Actualités

Afrique La prise de Birao souligne l’instabilité du nord-est de la Centrafrique

La prise lundi de Birao, localité du nord-est de la Centrafrique, revendiquée par des mouvements rebelles quasi inconnus, souligne l’instabilité de cette région frontalière du Tchad et du Soudan, où pullulent toutes sortes de groupuscules armés. Cette attaque contre Birao a été revendiquée par l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), une alliance récente de trois mouvements centrafricains jusque-là peu ou pas connus du tout. « Les combats ont duré en tout 45 minutes, il n’y a pas eu de résistance. Les forces régulières ont été mises en débandade », a déclaré hier à l’AFP le porte-parole de cette coalition rebelle, le capitaine Abakar Sabone. « Nous avons dénombré 10 morts parmi les forces gouvernementales et 2 dans nos rangs », a-t-il ajouté, démentant toute attaque contre des civils. Selon lui, les rebelles entendent « mener des actions militaires » contre le pouvoir « antidémocratique » du président François Bozizé. Sans fournir de bilan précis, la présidence centrafricaine a reconnu lundi soir la chute de Birao, à plus de 800 km au nord-est de Bangui, ainsi que « des pertes en vies humaines au sein des forces armées nationales » et « de la population civile ». Mais les autorités refusent pour l’heure d’attribuer la paternité de l’opération à des Centrafricains et préfèrent évoquer des « assaillants non identifiés » venus du Soudan voisin, accusé d’« agression barbare ». « Ce ne sont pas des rebelles centrafricains », a assuré hier à l’AFP un haut gradé de l’armée, qui a requis l’anonymat. « Nos éléments qui sont en retrait en attendant des renforts ont décrit les assaillants comme étant majoritairement soudanais et tchadiens », a-t-il ajouté. Telle que présentée par son porte-parole, l’UFDR apparaît comme une alliance hétéroclite. Le capitaine Sabone faisait partie des « libérateurs » qui ont aidé en mars 2003 le général Bozizé à renverser Ange-Félix Patassé, avant de prendre la tête en 2004 d’un mouvement d’« ex-libérateurs » qui se jugeaient mal récompensés. Ses alliés sont en revanche des proches de l’ex-président Patassé, aujourd’hui exilé au Togo. Ainsi, selon le capitaine Sabone, le chef d’état-major de l’UFDR est le fameux général Moustapha Maloum, alias Abdoulaye Miskine, ex-homme de main d’Ange-Félix Patassé dont le nom apparaît systématiquement depuis trois ans dès lors qu’il est question de rébellion en Centrafrique. De même, le commandant Justin Assan, chargé de la Défense au sein de cette alliance, a dirigé par le passé la garde rapprochée du président déchu. Tous ces hommes ont trouvé un terreau fertile à leurs activités dans le nord-est de la Centrafrique, une région désertique dont de larges portions échappent au contrôle des autorités. Aux confins du sud-est du Tchad, base de rébellions hostiles au président Idriss Deby Itno, et surtout du Darfour soudanais, en proie à la guerre civile, cette zone très instable inquiète la communauté internationale. Côté tchadien, d’intenses combats ont opposé dimanche l’armée aux rebelles de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), qui ont nié hier tout lien avec la prise de Birao. Pour endiguer ces menaces, Bangui avait fermé en avril sa frontière avec le Soudan, accusé de soutenir la rébellion tchadienne. Mais cette mesure est restée théorique, tant ces frontières sont poreuses. Juste avant l’attaque de Birao, les autorités venaient de dépêcher des renforts militaires à l’intérieur du pays pour prévenir les « attaques contre l’autorité établie » menées par les rebelles ou les « coupeurs de route » qui s’y multiplient depuis plus d’un an. Ils n’ont pas atteint Birao à temps.

La prise lundi de Birao, localité du nord-est de la Centrafrique, revendiquée par des mouvements rebelles quasi inconnus, souligne l’instabilité de cette région frontalière du Tchad et du Soudan, où pullulent toutes sortes de groupuscules armés.
Cette attaque contre Birao a été revendiquée par l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), une alliance récente de trois mouvements centrafricains jusque-là peu ou pas connus du tout.
« Les combats ont duré en tout 45 minutes, il n’y a pas eu de résistance. Les forces régulières ont été mises en débandade », a déclaré hier à l’AFP le porte-parole de cette coalition rebelle, le capitaine Abakar Sabone. « Nous avons dénombré 10 morts parmi les forces gouvernementales et 2 dans nos rangs », a-t-il ajouté, démentant toute attaque contre...