Dans les galeries vietnamiennes,
la propagande, dernier chic artistique
le 31 octobre 2006 à 00h00
Dans l’idéologie marxiste-léniniste, l’art se doit de servir la révolution. Mais au Vietnam, où l’orthodoxie des slogans cohabite avec le capitalisme triomphant, la logique s’est inversée : la propagande s’est désormais imposée comme le dernier chic artistique. Touristes et expatriés ne jurent plus que par les affiches politiques qui constituent l’art officiel depuis des décennies et que le pays continue de produire, tant à des fins de propagande que pour remplir les boutiques spécialisées. L’esthétique pop-art se mêle aux slogans hérités de l’épopée guerrière. Des textes rappelant que « le feu de la lutte rugit » ou que « les bombes et les balles ne tuent pas un peuple héroïque » accompagnent un graphisme à mi-chemin entre Russie soviétique et Chine de Mao. Le valeureux paysan double les rendements pour nourrir le peuple, la jeune mère de famille porte son bébé dans un bras et son fusil de l’autre. L’ennemi, quant à lui, agresse, torture et violente sans remord ni limite. La douceur peut, éventuellement, venir de fleurs de lotus ou de branches de bambou, voire d’un débonnaire et bienveillant Ho Chi Minh, père du Vietnam moderne et fondateur du Parti communiste à la célèbre barbiche, plongé dans la méditation ou appliqué à jouer avec des enfants.
« Les dessins sont puissants parce qu’ils témoignent d’un pays en temps de guerre », estime Dominic Scriven, un investisseur britannique épris du pays, propriétaire d’une galerie à Ho Chi Minh-Ville (Sud) et coéditeur d’un ouvrage consacré aux affiches de propagande. Mais cet engouement ne prend guère chez les Vietnamiens. « Beaucoup de gens ici, surtout les jeunes, sont lassés par ce type d’art, quand ils le regardent encore », admet Martin Gainsborough, un expert du Vietnam de l’Université de Bristol, fan de la première heure. « Quand ils voient ces affiches sur mes murs, ils semblent un peu interloqués comme pour dire : “Mais pourquoi aimes-tu ça ?”. » Il ajoute, ravi : « Je ne sais pas trop ce que je préfère, entre l’idéalisme et l’ironie. Je crois que c’est le mélange des deux. »
Dans l’idéologie marxiste-léniniste, l’art se doit de servir la révolution. Mais au Vietnam, où l’orthodoxie des slogans cohabite avec le capitalisme triomphant, la logique s’est inversée : la propagande s’est désormais imposée comme le dernier chic artistique. Touristes et expatriés ne jurent plus que par les affiches politiques qui constituent l’art officiel depuis des décennies et que le pays continue de produire, tant à des fins de propagande que pour remplir les boutiques spécialisées. L’esthétique pop-art se mêle aux slogans hérités de l’épopée guerrière. Des textes rappelant que « le feu de la lutte rugit » ou que « les bombes et les balles ne tuent pas un peuple héroïque » accompagnent un graphisme à mi-chemin entre Russie soviétique et Chine de Mao. Le valeureux paysan double les...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.