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Actualités - Chronologie

À Jiyeh, les plongeurs italiens nettoient les fonds marins à la main

Quand le gant jaune du plongeur attrape la masse noire qui gît sur le sable, elle se délite en longs rubans élastiques et mous, comme un chewing-gum géant. Face à la centrale électrique de Jiyeh (30 km au sud de Beyrouth), les fonds marins se nettoient à la main, a constaté un journaliste de l’AFP. Frappées à deux reprises par l’aviation israélienne à la mi-juillet, les cuves de carburant alimentant la centrale ont libéré près de 15 000 tonnes de pétrole directement dans la mer, dont une partie a aussitôt coulé. Pour l’équipe d’experts italiens arrivées en renfort le 23 septembre et assignées au site, l’expérience est inédite : « L’opération est plus complexe que nous le pensions. Scientifiquement, nous vivons un moment important, une expérience qui nous oblige à inventer tous les jours », remarque Vittorio Alessandro, le chef de la mission. « Nous avons commencé par un repérage des fonds et délimité un périmètre prioritaire de 48 000 mètres carrés, entre 4 et 8 mètres de profondeur, avec une concentration majeure au pied des cuves », explique Carlo Morucci, directeur des opérations. L’équipe nettoie en moyenne 900 mètres carrés en deux jours et retire environ 30 mètres cubes sur cinq jours, indique-t-il, en se refusant à estimer le volume restant et un éventuel calendrier. « Nous sommes confrontés à quatre formes de déchets : du très solide, le plus répandu, que l’on arrive à arracher en plaques, parfois lourdes; du semi-solide près de la côte; du semi-liquide (le plus complexe) et du sable souillé, poursuit-il. L’idée est d’emporter le minimum de sable et de laisser le moins d’impact possible, d’où la nécessité de tester divers équipements. Mais l’essentiel doit être retiré à la main », a-t-il ajouté. Les pompes sont pratiquement sans effet. « Les déchets semi-liquides se nichent entre les infractuosités des roches », explique l’une des membres de l’équipe, Cristina, qui participe aux plongées. Or, c’est cette matière molle qu’ils essaient de rouler en boule et qui leur file entre les doigts. « Nous allons essayer de l’enserrer dans des filets de nylon pour la piéger et pouvoir la remonter », dit-elle. Les déchets semi- solides, eux, sont déjà cachés par le sable : il faut donc patiemment le ratisser du bout des doigts pour les dégager, au risque de troubler l’eau. Curieusement, notent les experts qui participent aux plongées, les rochers sont intacts, seul le sable a été touché. Autre surprise : les plongeurs travaillent entourés de poissons, de crustacés, de petits mollusques, comme indifférents à la pollution. « La vie marine a survécu, note Cristina. Mais il faudra voir dans quelle mesure elle a été contaminée. »
Quand le gant jaune du plongeur attrape la masse noire qui gît sur le sable, elle se délite en longs rubans élastiques et mous, comme un
chewing-gum géant. Face à la centrale électrique de Jiyeh (30 km au sud de Beyrouth), les fonds marins se nettoient à la main, a constaté un journaliste de l’AFP.
Frappées à deux reprises par l’aviation israélienne à la mi-juillet, les cuves de carburant alimentant la centrale ont libéré près de 15 000 tonnes de pétrole directement dans la mer, dont une partie a aussitôt coulé.
Pour l’équipe d’experts italiens arrivées en renfort le 23 septembre et assignées au site, l’expérience est inédite : « L’opération est plus complexe que nous le pensions. Scientifiquement, nous vivons un moment important, une expérience qui nous oblige à inventer tous les jours »,...