Qu’arriverait-il si le nouveau round de « concertation » devait échouer ? En cas de désaccord sur le cabinet d’union nationale, ferait-on bouger la rue ? Qui prendrait la responsabilité d’une initiative aussi dangereuse ? Quelle union et quelle nation subsisterait-il ?
Le risque est si énorme, l’aventure si insensée qu’un ancien président de Conseil en exclut la possibilité. Se référant aux résultats de ses contacts personnels, cet ancien dirigeant soutient que le leader du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, est bien trop raisonnable pour mettre le pays en péril en mobilisant les masses. Qu’il n’irait pas jusqu’à semer la discorde et l’anarchie aux fins de renverser le gouvernement. Il ajoute qu’en outre, le chef du parti intégriste ne voudrait pas gaspiller les fruits d’une victoire sur Israël célébrée bien au-delà des frontières du pays. Il éviterait de s’impliquer dans les dédales de la politique politicienne. Et ne chercherait pas le triomphe d’une fraction sur une autre. Car il n’ignorerait pas que le Liban ne se gouverne que par consensus. Non pas par une politique de vainqueur et de vaincu. D’autant que la simple logique veut que la partie qui se plaint d’être exclue de la participation ne joue pas à son tour l’exclusion d’autrui. Ne serait-ce que pour ne pas devenir la cible des attaques justifiées de l’actuelle majorité que l’on aurait transformée en minorité discriminée. De plus, et toujours selon les règles de la logique la plus élémentaire, comment le Hezbollah recourrait-il à la rue quand il a mis sévèrement en garde le camp du 14 Mars contre une telle tentation dans l’affaire de la présidentielle ? Le Liban a enduré les dévastations de la guerre israélienne de juillet. Sayyed Nasrallah avait déclaré à ce propos que s’il avait su quelles proportions prendraient les pertes, il n’aurait pas fait capturer les deux soldats israéliens. Peut-on croire, alors, qu’il y ait des Libanais entreprenant de provoquer la destruction de ce qui reste encore debout ? Selon l’ancien président de Conseil, sayyed Nasrallah n’oublie pas cette recommandation de l’imam Ali : « Prenez garde à l’extase de la victoire et à la discorde fille de l’arrogance présomptueuse. Car elles détruisent en une heure ce qu’il a fallu des années pour construire. »
Des observateurs relèvent de leur côté que le Hezbollah aurait tout à perdre et rien à gagner en tentant de renverser le gouvernement par la force. Ils soulignent que, politiquement, il n’y aurait plus moyen de former un nouveau cabinet. Tandis que, sécuritairement, ce serait le saut dans l’inconnu. Et qu’économiquement, financièrement et fiduciairement, ce serait la faillite. La fermeture des écoles et des universités. L’émigration massive. La clé sous la porte pour les entreprises, industrielles, commerciales, de services ou agricoles. Il n’y aurait plus à gouverner que des ruines.
Le président Nabih Berry, souligne l’ancien dirigeant, tente de sauver les meubles. Ou de gagner du temps, pour diluer, réduire à néant le risque d’implosion. Pour sortir de l’alternative cabinet d’union-anarchie. Et pour protéger le pays de la menace, évoquée à dire vrai par la Syrie, de devenir un deuxième Irak.
Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Qu’arriverait-il si le nouveau round de « concertation » devait échouer ? En cas de désaccord sur le cabinet d’union nationale, ferait-on bouger la rue ? Qui prendrait la responsabilité d’une initiative aussi dangereuse ? Quelle union et quelle nation subsisterait-il ?
Le risque est si énorme, l’aventure si insensée qu’un ancien président de Conseil en exclut la possibilité. Se référant aux résultats de ses contacts personnels, cet ancien dirigeant soutient que le leader du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, est bien trop raisonnable pour mettre le pays en péril en mobilisant les masses. Qu’il n’irait pas jusqu’à semer la discorde et l’anarchie aux fins de renverser le gouvernement. Il ajoute qu’en outre, le chef du parti intégriste ne voudrait pas gaspiller les fruits d’une victoire sur Israël...