UE
Le vote français sur le génocide arménien va renforcer l’euroscepticisme turc
le 14 octobre 2006 à 00h00
Le vote jeudi, par l’Assemblée nationale française, d’une proposition de loi réprimant la négation du caractère génocidaire des massacres d’Arméniens de 1915 va renforcer l’euroscepticisme en Turquie et rendre les réformes plus difficiles, estimaient hier les analystes. Le texte doit encore être soumis à l’examen des sénateurs français puis repasser devant les députés avant de pouvoir être adopté.
Au-delà de la question arménienne, l’attitude française s’explique d’abord aux yeux du public turc par une volonté de faire dérailler le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, estime Cengiz Aktar, spécialiste des questions européennes à l’université stambouliote de Bahçesehir. « Sa raison d’être tient dans la façon dont l’élite politique française considère la Turquie. Il y a une méfiance profonde envers la candidature de la Turquie et sa future adhésion » à l’UE, déclare le chercheur. « Le commun des Turcs va interpréter le vote français comme un vote venant de l’ensemble de l’Europe », ajoute-t-il.
L’opinion est partagée par l’économiste et commentateur de la vie politique Ahmet Insel, de l’université de Galatasaray. « Alors que les relations entre l’Europe et la Turquie sont plutôt mal en point, cela confirme que la France s’est donné le rôle de bouclier antiturc de l’Europe », analyse l’universitaire. « Plus on essaye de s’approcher de l’Europe et plus l’Europe essaye de s’éloigner de nous », poursuit-il.
Toutefois, le président de la Commission européenne José Manuel Durao Barroso a jugé hier « inopportun dans le contexte des relations UE-Turquie » le vote des députés français. Même s’il n’a rien à voir avec les pourparlers d’adhésion, commencés en octobre 2005, ce texte risque en effet de rejaillir sur l’ensemble de l’UE et d’aggraver « les incompréhensions mutuelles » déjà « pas faciles à surmonter », selon le commissaire européen à l’Élargissement Olli Rehn.
Le vote jeudi, par l’Assemblée nationale française, d’une proposition de loi réprimant la négation du caractère génocidaire des massacres d’Arméniens de 1915 va renforcer l’euroscepticisme en Turquie et rendre les réformes plus difficiles, estimaient hier les analystes. Le texte doit encore être soumis à l’examen des sénateurs français puis repasser devant les députés avant de pouvoir être adopté.
Au-delà de la question arménienne, l’attitude française s’explique d’abord aux yeux du public turc par une volonté de faire dérailler le processus d’adhésion de la Turquie à l’Union européenne, estime Cengiz Aktar, spécialiste des questions européennes à l’université stambouliote de Bahçesehir. « Sa raison d’être tient dans la façon dont l’élite politique française considère la...
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