La Banque centrale européenne a annoncé hier le relèvement d’un quart de point de ses taux directeurs au plus haut depuis près de quatre ans et n’a pas exclu de nouvelles hausses.
Le taux de refinancement a été porté à 3,25 %, au terme de la cinquième hausse de vingt-cinq points de base intervenue depuis décembre alors que l’inflation au sein de la zone euro a décéléré en septembre à la faveur de la baisse des prix du pétrole.
Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a déclaré qu’une nouvelle hausse des prix du pétrole ne pouvait être écartée et que la banque centrale anticipe un regain d’inflation à l’horizon de la fin de l’année alors que les prix sont exposés à un risque haussier.
« Le Conseil des gouverneurs va par conséquent continuer de surveiller de très près tous les développements afin de garantir la stabilité des prix sur le moyen terme et à plus long terme », a-t-il déclaré au cours de la conférence de presse qui a suivi l’annonce du relèvement des taux directeurs.
« Notre politique monétaire continue d’être accommodante. Si nos hypothèses et notre scénario de base sont confirmés, il sera encore justifié de réduire davantage le caractère accommodant de la politique monétaire », a-t-il ajouté.
La hausse des taux décidée hier était largement anticipée par les marchés qui tablent sur un nouveau durcissement des conditions de crédit en décembre.
Trichet a précisé que le Conseil des gouverneurs avait voté à une majorité écrasante en faveur d’une hausse des taux d’un quart de point et qu’il n’avait pas jugé approprié un relèvement plus important, de cinquante points de base.
Interrogé sur les perspectives de taux pour 2007, il s’est refusé à tout commentaire, ce qui a entraîné une hausse momentanée des contrats à terme sur les Bunds.
Croissance : perspectives
favorables
Trichet a estimé que dans l’ensemble les perspectives en matière de croissance économique étaient favorables. Le taux de chômage au sein de la zone euro a baissé, la consommation des ménages devrait accélérer et une croissance mondiale soutenue favorise les exportations.
Les données disponibles pour le troisième trimestre montrent que la croissance devrait demeurer robuste bien qu’une modération de son rythme soit possible.
Les prix du pétrole, qui sont revenus sous le seuil de 60 dollars le baril cette semaine, pourraient entraîner une croissance plus forte à court terme, a estimé Jean-Claude Trichet, tout en soulignant que l’aléa en la matière était neutre. « Sur le plus long terme, les risques pour la croissance sont, l’un dans l’autre, plutôt orientés à la baisse », a-t-il ajouté.
Jean-Claude Trichet a souligné que la dynamique de la croissance économique pourrait se traduire par des revendications de hausse des salaires et exposer la stabilité des prix à un risque haussier substantiel alors qu’elle est déjà menacée par les incertitudes sur l’évolution des prix de l’énergie, la forte croissance de la masse monétaire et du crédit et la hausse des impôts indirects.
La nette réduction du taux d’inflation au sein de la zone euro – revenu à 1,8 % en glissement annuel en septembre après 2,3 % en août – s’explique en grande partie par un effet de base alors que les cours du pétrole avaient atteint des niveaux très élevés, il y a un an, après l’ouragan Katrina.
« Si l’horizon pour les prix de l’énergie est incertain sur la base des prix énergétiques actuels et de la hausse des cours sur les marchés à terme, globalement les taux d’inflation vont probablement augmenter de nouveau vers la fin de l’année et début 2007 », a prévenu Jean-Claude Trichet.
« En conséquence, nous tablons sur un degré considérable de volatilité à court terme du taux annuel d’inflation IPCH, tandis que le taux d’inflation général restera élevé à des niveaux supérieurs à 2 % en moyenne en 2006 et devrait continuer ainsi en 2007 », a-t-il poursuivi. La BCE a comme objectif statutaire de maintenir l’inflation à un niveau proche mais inférieur à 2 % en rythme annuel. Les déclarations de Trichet laissent augurer de nouvelles hausses de taux, ont estimé les économistes interrogés par Reuters. « La tonalité des commentaires de Trichet au cours de la conférence de presse conserve un biais haussier », a déclaré David Brown, économiste à la banque d’investissement américaine Bear Stearns.
« Nous pensons que l’objectif de la politique de la BCE est de ramener les taux d’intérêt à la neutralité, soit entre 3,75 % et 4,0 % à l’horizon fin 2007 », a-t-il ajouté.
Dans leur dernière série de projections, les équipes de la BCE prévoyaient une croissance de 2,5 % de l’économie de la zone euro cette année et de 2,1 % en 2007 et un IPCH de 2,4 % en moyenne sur les deux années.
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Le taux de refinancement a été porté à 3,25 %, au terme de la cinquième hausse de vingt-cinq points de base intervenue depuis décembre alors que l’inflation au sein de la zone euro a décéléré en septembre à la faveur de la baisse des prix du pétrole.
Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a déclaré qu’une nouvelle hausse des prix du pétrole ne pouvait être écartée et que la banque centrale anticipe un regain d’inflation à l’horizon de la fin de l’année alors que les prix sont exposés à un risque haussier.
« Le Conseil des gouverneurs va par conséquent continuer de surveiller de très près tous les...