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Actualités - Opinion

Le clivage a atteint son paroxysme, et la scène politique son équilibre

Il est temps que le cycle des meetings grondants s’arrête. La scène politique a en effet trouvé désormais son équilibre, tout le monde ayant dit ce qu’il avait sur le cœur. Les positions se contrebalancent, se neutralisent. L’intérêt du pays commande dès lors que l’on revienne au dialogue. C’est d’autant plus raisonnable qu’en dépit des surenchères, chacun soutient qu’il tend volontiers la main à l’autre. De plus, chacun se rend compte désormais qu’il est impossible de renverser le gouvernement par les voies démocratiques et constitutionnelles. Et nul ne semble disposé à assumer les dangereuses retombées d’autres voies, comme un recours à la rue. Le patriarche Sfeir a appelé à une cessation des hostilités verbales entre hommes politiques, car elles ne servent pas l’unité nationale. De son côté, le président Siniora propose à ses contempteurs même, qui n’hésitent pourtant pas à le diffamer, de coopérer pour le bien du pays. Il a sollicité, aux fins d’un apaisement général, le concours de ses prédécesseurs. Il a dénoncé la poursuite d’un bras de fer politique qui attise la tension, en aggravant les divisions sectaires, aux dépens de l’unité de la volonté nationale. Ceux qui réclament, en priorité, un cabinet d’union nationale ainsi que des législatives anticipées se heurtent à ceux pour qui il faut d’abord régler la question de la présidence. Il faut donc trouver un moyen d’établir un équilibre entre ces exigences. Encore qu’il soit clair, en réalité, qu’il n’est pas possible de parvenir actuellement à un accord ni sur un nouveau gouvernement ni sur un nouveau président. Aussi faudrait-il, si les politiques sont conscients et responsables, geler un litige insoluble. Pour activer l’action, le travail du gouvernement en place, qui a de lourdes et nombreuses tâches à accomplir. Cependant, plusieurs pôles participent aux efforts d’apaisement et de réactivation du gouvernement, dans l’intérêt du pays. On peut citer l’exemple du président Berry, qui pense désormais que faire sauter le cabinet serait hautement inopportun. Et qui développe des contacts tous azimuts en vue d’une entente sur une nouvelle formule de dialogue généralisé. Pour que le Liban puisse amorcer son redressement économique, ce qui nécessite une bonne dose de stabilité sécuritaire et politique. Conditions d’ailleurs exigées pour une activation des aides et l’organisation d’une conférence internationale à cette fin. L’objectif étant d’effacer les séquelles de la guerre. Le président de l’Association des banques, François Bassil, a mis en garde à ce propos contre le fait qu’un blocage de la conférence internationale pourrait signifier l’effondrement et la faillite totale de l’État libanais. Il a rappelé encore une fois aux politiciens que leurs tiraillements font fuir les investisseurs. Émile KHOURY
Il est temps que le cycle des meetings grondants s’arrête. La scène politique a en effet trouvé désormais son équilibre, tout le monde ayant dit ce qu’il avait sur le cœur. Les positions se contrebalancent, se neutralisent. L’intérêt du pays commande dès lors que l’on revienne au dialogue. C’est d’autant plus raisonnable qu’en dépit des surenchères, chacun soutient qu’il tend volontiers la main à l’autre. De plus, chacun se rend compte désormais qu’il est impossible de renverser le gouvernement par les voies démocratiques et constitutionnelles. Et nul ne semble disposé à assumer les dangereuses retombées d’autres voies, comme un recours à la rue.
Le patriarche Sfeir a appelé à une cessation des hostilités verbales entre hommes politiques, car elles ne servent pas l’unité nationale. De son...