Rechercher
Rechercher

Actualités

Maroun el-Ras, le « village oublié », guette le départ des Israéliens

Sous leurs pieds, dans le puits de la maison trouée par les obus, deux bombes intactes. À la sortie du village, des soldats israéliens tapis dans la rocaille. Dans les ruines de Maroun el-Ras, au Liban-Sud, Lina et sa famille tentent de survivre, oubliés de tous, ainsi que l’a constaté Sylvie Groult, de l’AFP. Point de départ de la guerre lancée le 12 juillet contre le Hezbollah, Maroun el-Ras est l’une des positions toujours occupées par l’État hébreu, au sommet d’une hauteur stratégique qui domine la frontière israélienne et les collines du Liban-Sud. Sous leur toile de camouflage, les soldats campent sur un flanc de colline, à l’écart du champ de ruines où quelques centaines de villageois tentent d’oublier leur présence. Lina a aperçu, il y a peu, « des chars sur la colline ». Elle désespère de voir un jour les Israéliens partir, « cette semaine peut-être, comme ils l’avaient annoncé, mais sans doute beaucoup plus tard ». Et elle se retient d’aller puiser de l’eau dans le réservoir près de la mosquée, « par peur qu’elle ne soit empoisonnée ». La jeune femme est rentrée il y a trois semaines, avec ses trois filles, son mari handicapé et ses beaux-parents, pour retrouver sa maison bombardée, pillée, ses cultures de tabac presque toutes séchées sur pied. Deux obus ont traversé le toit, les étages, pour finir dans le puits, à sec, construit dans les fondations. Depuis, dans sa maison minée, elle attend de l’aide, « de l’ONU ou de l’armée libanaise, pour faire exploser les obus, et peut-être la maison avec ». « Toute la maison est dangereuse, mais que faire ? Ce village est oublié de tous. De l’État surtout, qui ne nous a rien donné. » Coiffée de son foulard rouge sombre, elle trie nerveusement les dernières feuilles sauvées de sa récolte de tabac. « Ce qui reste va nous rapporter 200 dollars, c’est insuffisant », dit-elle. « Les villages voisins reçoivent de l’aide. Mais nous, rien. L’État ne nous connaît pas. C’est comme si nous ne faisions pas partie de ce pays », confie Mariam Alaouiyé, la belle-mère de Lina. Comme partout au Liban-Sud, les équipes du Hezbollah sont venues à Maroun el-Ras pour établir la liste des dégâts. Mais là encore, Lina se résigne. « Ils ont promis, mais n’ont encore rien donné. Notre tour n’est pas arrivé », souligne-t-elle. La famille vit « sans eau potable, sans électricité la plupart du temps, sans même un taxi pour aller chez le médecin », ajoute la jeune femme. « Pour la cuisine, nous avons trouvé une bouteille de gaz. Pour le chauffage, rien », alors que déjà les nuits sont fraîches dans ce village à mille mètres d’altitude. Maroun el-Ras, aux avant-postes des positions tenues par le Hezbollah depuis le retrait israélien, en mai 2000, a aussi vécu des bombardements répétés depuis le début de l’occupation de la région par l’État hébreu en 1978. Ses habitants expliquent qu’une partie des maisons n’ont jamais été reconstruites. La famille de Lina venait de rebâtir, quand tout a recommencé. Quelques maisons plus loin, Hassan Karnib et son épouse épient les soldats israéliens qui, parfois, apparaissent au sommet de la colline. La femme croit qu’ils partiront « bientôt », que la famille pourra retourner cultiver ses champs. Mais le retrait des derniers soldats, restés au Liban-Sud depuis la fin de la guerre, le 14 août, se fait attendre.

Sous leurs pieds, dans le puits de la maison trouée par les obus, deux bombes intactes. À la sortie du village, des soldats israéliens tapis dans la rocaille. Dans les ruines de Maroun el-Ras, au Liban-Sud, Lina et sa famille tentent de survivre, oubliés de tous, ainsi que l’a constaté Sylvie Groult, de l’AFP.
Point de départ de la guerre lancée le 12 juillet contre le Hezbollah, Maroun el-Ras est l’une des positions toujours occupées par l’État hébreu, au sommet d’une hauteur stratégique qui domine la frontière israélienne et les collines du Liban-Sud. Sous leur toile de camouflage, les soldats campent sur un flanc de colline, à l’écart du champ de ruines où quelques centaines de villageois tentent d’oublier leur présence.
Lina a aperçu, il y a peu, « des chars sur la colline ». Elle désespère de...