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Aphorismes J’emprunte, donc je suis

Dans L’Empire des dettes, paru au printemps, Bill Bonner et Addison Wiggin nous décrivent, parlant des Américains, une nation d’épargnants devenus emprunteurs compulsifs et un gouvernement finançant son déficit croissant par des emprunts extérieurs qui se comptent désormais en trillions. En lisant cela, je me suis rappelé la singulière histoire d’Eumène, chancelier grec d’Alexandre le Grand, qui hérita, à la mort de ce dernier, d’une satrapie. Comme aujourd’hui les États-Unis, Eumène avait beaucoup d’ennemis. Nombre de généraux macédoniens le haïssaient en effet et voulaient lui faire la peau. Or, que croyez-vous qu’il fit pour se garder de leurs poignards dans le dos ? Il ne leur fit pas la guerre. Il ne leur envoya pas plus de beaux « éromènes » armés de dagues acérées, ou de ravissantes hétaïres au corps enduit d’un mortel poison. Il ne chercha même pas à les soudoyer. Il alla plutôt les voir et il emprunta à chacun d’entre eux une forte somme d’argent. Il les força ainsi à le ménager en les faisant trembler pour leurs créances. La richesse de ses ennemis lui servit alors de meilleur garde du corps et, contrairement à ses ennemis qui payaient pour se protéger, il se faisait payer pour assurer sa sécurité. L’Amérique surendettée serait-elle en train de nous refaire le coup d’Eumène ? Tout porterait à le croire. Car ceux qui, comme les pétromonarchies, tremblent aujourd’hui devant les États-Unis, ceux qui, comme l’Europe et le Japon, rivalisent sournoisement avec eux et ceux qui, comme les Chinois, ruent dans les brancards, sont tous les créanciers de l’Amérique qu’ils financent à coup de dépôts pléthoriques en dollars surévalués et d’achats frénétiques d’obligations à perpétuité. C’est dire qu’on n’a pas tant peur de l’Amérique que pour l’Amérique. Croyez-m’en, vu les sommes faramineuses qu’ils leur prêtent, les rivaux mêmes des États-Unis et leurs ennemis feront tout pour les maintenir à flot. Empire mondial des dettes, l’empire américain a de beaux jours devant lui. Percy KEMP

Dans L’Empire des dettes, paru au printemps, Bill Bonner et Addison Wiggin nous décrivent, parlant des Américains, une nation d’épargnants devenus emprunteurs compulsifs et un gouvernement finançant son déficit croissant par des emprunts extérieurs qui se comptent désormais en trillions. En lisant cela, je me suis rappelé la singulière histoire d’Eumène, chancelier grec d’Alexandre le Grand, qui hérita, à la mort de ce dernier, d’une satrapie.
Comme aujourd’hui les États-Unis, Eumène avait beaucoup d’ennemis. Nombre de généraux macédoniens le haïssaient en effet et voulaient lui faire la peau. Or, que croyez-vous qu’il fit pour se garder de leurs poignards dans le dos ? Il ne leur fit pas la guerre. Il ne leur envoya pas plus de beaux « éromènes » armés de dagues acérées, ou de ravissantes...