Face-à-face très diplomatique entre militaires libanais et israéliens
le 27 septembre 2006 à 00h00
Ils s’assoient face à face, mais ne se regardent pas. Ils débattent, mais ne s’adressent pas la parole. Et, bien sûr, ils ne se serrent jamais la main.
Une fois par semaine depuis la mi-août, militaires libanais et israéliens se retrouvent sous les auspices de l’ONU pour négocier, selon des règles strictes, leur future coexistence. Hier, ils ont tenu une nouvelle réunion qui pourrait être la dernière, rapporte Hervé Asquin, de l’AFP.
Les délégations des deux pays, qui partagent une des frontières les plus instables du Moyen-Orient, se retrouvent dans une villa située sur la ligne bleue, a expliqué à l’AFP un participant, sous le couvert de l’anonymat.
C’est un exercice de haute diplomatie pour le général français Alain Pellegrini, commandant en chef de la Finul, médiateur de ce dialogue indirect entre deux voisins dont les relations depuis la guerre israélo-arabe de 1948 sont marquées par la violence et la méfiance.
Malgré la suspicion réciproque, les négociateurs doivent s’entendre sur un calendrier de retrait des troupes israéliennes et de déploiement de l’armée libanaise, comme le prévoit le règlement voulu par l’ONU et la résolution 1701.
Pour des raisons de sécurité, sa localisation précise est tenue secrète. Elle se trouve sur la frontière à Ras el-Naqoura, le cap de Naqoura, comme l’appellent les Libanais, ou Rosh-Hanikra, comme le désignent les Israéliens. Le mobilier est sommaire : des tables, des chaises et un ventilateur, selon le participant. Les deux délégations prennent place à la même table, mais évitent de se regarder.
La partie libanaise est représentée par un général de division et plusieurs officiers supérieurs. Côté israélien, prennent place le chef de la délégation, un général du haut commandement, un représentant de la région nord d’Israël et des officiers de liaison. Le général Pellegrini est entouré de plusieurs conseillers, parmi lesquels un représentant des Nations unies, son conseiller politique et le chef du bureau de liaison.
Depuis six semaines, le même cérémonial se répète. « Pour des raisons qui leur appartiennent, certains protagonistes ne souhaitent pas se parler directement », raconte le témoin. « “A” s’adresse au général Pellegrini et, dans la foulée, “B” répond au général », explique-t-il. A et B désignent les généraux israélien et libanais. « Ils sont en guerre même si les armes se sont tues, il ne faut pas l’oublier », rappelle ce protagoniste, qui confie : « Au bout d’une heure et demie, les deux délégations finissent tout de même par se regarder, mais elles ne se serrent pas la main. »
Ils s’assoient face à face, mais ne se regardent pas. Ils débattent, mais ne s’adressent pas la parole. Et, bien sûr, ils ne se serrent jamais la main.
Une fois par semaine depuis la mi-août, militaires libanais et israéliens se retrouvent sous les auspices de l’ONU pour négocier, selon des règles strictes, leur future coexistence. Hier, ils ont tenu une nouvelle réunion qui pourrait être la dernière, rapporte Hervé Asquin, de l’AFP.
Les délégations des deux pays, qui partagent une des frontières les plus instables du Moyen-Orient, se retrouvent dans une villa située sur la ligne bleue, a expliqué à l’AFP un participant, sous le couvert de l’anonymat.
C’est un exercice de haute diplomatie pour le général français Alain Pellegrini, commandant en chef de la Finul, médiateur de ce dialogue indirect...
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