Des ballons rouges ou bleus « Welcome Home », des fleurs à profusion et les pleurs de voyageurs qui retrouvent enfin leur famille et leur « Liban chéri » : l’aéroport de Beyrouth reprenait peu à peu vie hier après la levée par Israël d’un blocus aérien de huit semaines, selon Sylvie Briand dans un reportage pour l’AFP.
Jessy Tohmé, 55 ans, ne peut s’empêcher de pousser un cri de joie et d’essuyer discrètement une larme lorsqu’elle voit son fils apparaître à la sortie des douanes.
« Cela fait des mois que je ne l’ai pas vu. Il devait rentrer bien avant. Mais il a dû attendre en raison de cette crise », dit Mme Tohmé, qui trouve son fils bien amaigri depuis son départ de la maison. Une barbe naissante noircissant ses joues, Antoine Tohmé travaille comme informaticien au Koweït. « Je me sens comme quelqu’un qui revient au moment de la libération de son pays », dit-il en faisant l’accolade à son père. Les bras chargés de fleurs, Grace, 35 ans, attend comme des dizaines d’autres personnes l’arrivée du vol de Dubaï. « Je n’ai pas vu ma sœur depuis huit mois. Depuis une semaine, elle cherchait à rentrer via Amman, mais elle n’avait pu avoir une place sur le vol », dit-elle. À l’étage supérieur, du côté des départs, Ali, 26 ans, ne cache pas son impatience. Son départ pour l’Arabie saoudite avait été retardé en raison de la guerre. « Le consulat saoudien était fermé au plus fort de la crise et j’avais encore besoin de régler des questions administratives », explique-t-il. Les Israéliens ont levé jeudi leur blocus aérien, au grand soulagement des Libanais qui craignaient des pénuries et s’impatientaient de ne pouvoir voyager à leur guise. Et ce d’autant plus que des centaines de milliers d’entre eux travaillent ou résident à l’étranger. La Middle East Airlines a affirmé avoir subi quelque 45 millions de dollars de pertes pendant ce blocus.
La MEA ainsi que la Royal Jordanian Airlines avaient reçu l’autorisation israélienne de desservir Beyrouth via Amman, mais « ces quelques vols quotidiens étaient très, très loin de suffire à la demande », dit Saadallah Audi, un employé de la MEA à l’aéroport.
Mohammad, un chauffeur de taxi de 59 ans, fait les cent pas dans le hall en attendant l’arrivée d’une nouvelle vague de voyageurs. Il peste encore contre ce blocus « stupide » qui lui a « fait perdre pas mal d’argent ».
« Au début de la guerre, certains chauffeurs ont fait de bonnes affaires avec tous ces gens qui fuyaient le pays par la route ou la mer, mais moi, je n’ai pas su en profiter », regrette-t-il. Fouad, étudiant et serveur dans un café, vient, lui, de reprendre le boulot après quelques semaines de « congé technique ». « Il n’y avait plus assez de clients, dit-il. Maintenant, la vie va reprendre comme avant. Les Libanais savent toujours retomber sur leurs pieds... »
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Jessy Tohmé, 55 ans, ne peut s’empêcher de pousser un cri de joie et d’essuyer discrètement une larme lorsqu’elle voit son fils apparaître à la sortie des douanes.
« Cela fait des mois que je ne l’ai pas vu. Il devait rentrer bien avant. Mais il a dû attendre en raison de cette crise », dit Mme Tohmé, qui trouve son fils bien amaigri depuis son départ de la maison. Une barbe naissante noircissant ses joues, Antoine Tohmé travaille comme informaticien au Koweït. « Je me sens comme...