Matelas juché sur les épaules, tenue décontractée, trousse de toilette sous le bras, on a rarement vu, voire pas du tout, le Parlement accueillir pareils invités.
Le programme des députés prévu pour le week-end : « Camping. » Le coin choisi ne ressemblait en rien à une clairière en forêt, ou une pépinière au bord d’un fleuve, mais bel et bien le Parlement de la place de l’Étoile.
Le motif est désormais clair, les députés poursuivront leur sit-in jusqu’à la levée du blocus israélien.
Un blocus qu’Élias Atallah, député de la Gauche démocratique, qualifie de « prolongement de la barbarie de l’État hébreu ».
M. Atallah estime que le mouvement de protestation des députés constitue un pas vers l’avant. Il insiste notamment sur la nécessité de tenir une réunion extraordinaire à l’Assemblée. « Nous ne devons pas ignorer les désaccords au sein du peuple. Il vaut mieux discuter, peut-être même se quereller dans les limites du respect, pour ensuite trouver un accord, et ceci dans le cadre de l’institution parlementaire, au lieu de laisser les conflits populaires s’accumuler », a-t-il dit.
Pour le député Samir Frangié, le blocus est étroitement lié aux conflits politiques internes en Israël. Il a par ailleurs affirmé « que le Parlement est l’unique endroit où tous les partis peuvent se réunir et incarner le miroir d’un peuple uni ».
M. Frangié croit en l’efficacité de ce sit-in, se référant notamment à la solidarité du Parlement jordanien et des parlementaires d’origine libanaise qui se sont mobilisés un peu partout dans le monde.
Waël Bou Faour, député socialiste, a, quant à lui, salué l’initiative de Nabih Berry. M. Bou Faour a notamment souligné que « la mobilisation des députés a des répercussions non seulement sur le monde arabe et la scène internationale, mais également sur le plan local ». Quant à la levée prochaine du blocus, il se montre plutôt optimiste.
Enfin, Atef Majdalani, député du Courant du futur, a mis l’accent sur le fait que « c’est une première au Liban de voir les deux pouvoirs exécutif et législatif constituer une force unie ».
M. Majdalani a souhaité que « les Parlements du monde entier, inspirés par le sit-in libanais, exerceront une influence sur leurs gouvernements, qui à leur tour feront pression sur les Nations unies pour la levée du blocus ».
Hier soir, la première dizaine de députés ont quitté le Parlement après y avoir passé la nuit, et dix autres ont pris la relève. Entre leurs entrées et leurs sorties, la place de l’Étoile grouillait de citoyens venus passer le dimanche en famille. Les enfants se livraient à un jeu inédit : deviner quel député débarquerait de la Mercedes ou la Range Rover noires garées devant le Parlement.
Un cadre peut-être plus luxueux que celui de la place des Martyrs, 128 contre un million et demi, mais l’idée de se mobiliser pacifiquement pour le Liban y est...
Rana KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Matelas juché sur les épaules, tenue décontractée, trousse de toilette sous le bras, on a rarement vu, voire pas du tout, le Parlement accueillir pareils invités.
Le programme des députés prévu pour le week-end : « Camping. » Le coin choisi ne ressemblait en rien à une clairière en forêt, ou une pépinière au bord d’un fleuve, mais bel et bien le Parlement de la place de l’Étoile.
Le motif est désormais clair, les députés poursuivront leur sit-in jusqu’à la levée du blocus israélien.
Un blocus qu’Élias Atallah, député de la Gauche démocratique, qualifie de « prolongement de la barbarie de l’État hébreu ».
M. Atallah estime que le mouvement de protestation des députés constitue un pas vers l’avant. Il insiste notamment sur la nécessité de tenir une réunion extraordinaire à...