Les perspectives économiques se sont éclaircies aux États-Unis à la faveur d’une stabilisation du marché de l’emploi, mais des risques demeurent, certains économistes avertissant qu’une récession est toujours possible.
Alors que les Américains célèbrent la Fête du travail aujourd’hui, l’économie continue de croître, quoique à un rythme plus lent, et créer des emplois, mais la faiblesse de l’expansion signifie que les salariés tirent moins de bénéfices de la croissance.
En août, l’économie américaine a créé 128 000 emplois et le taux de chômage a baissé à 4,7 % de la population active contre 4,8 % le mois précédent.
Ce rapport, considéré comme l’un des meilleurs indicateurs de la santé de l’économie, a apaisé les craintes d’une récession provoquée par le ralentissement immobilier, la perte de confiance des consommateurs et la remontée des taux d’intérêt. « Le rapport laisse attendre au troisième trimestre une croissance assez en ligne avec celle de 2,9 % que nous avons eue au deuxième trimestre », selon Nigel Gault, de Global Insight.
Certains analystes estiment que le ralentissement de la croissance et de l’inflation est exactement conforme aux attentes de la Banque centrale pour permettre un atterrissage en douceur de l’économie. Mais la modération du marché du travail a aussi ses laissés-pour-compte, souligne Jared Bernstein, de l’Economic Policy Institute, proche de la gauche.
« Même si ce ralentissement de la croissance des embauches peut rassurer sur l’inflation, il détériore les perspectives de beaucoup de travailleurs », souligne-t-il.
« En dépit de la hausse de 29 % de la productivité industrielle depuis 2000, les salaires ont fortement ralenti », souligne-t-il.
Les derniers chiffres économiques renforcent l’image donnée cette semaine par le Bureau du recensement, avec une stagnation du salaire de la plupart des salariés et un écart plus important entre les riches et les pauvres.
« Quatre ans après la récession, le pays n’a pas fait de progrès pour réduire la pauvreté, augmenter le revenu moyen des ménages, ou endiguer la hausse du nombre de personnes sans couverture sociale », estime Robert Greenstein, du Centre des priorités politiques et budgétaires. Dans un contexte de ralentissement économique, certains analystes mettent en garde contre une récession qui frapperait plus durement encore les ménages. Pour David Rosenberg, économiste de Merrill Lynch, le secteur immobilier connaît déjà une récession qui pourrait entraîner l’économie dans son sillage. L’économie devrait croître de 2 % au deuxième semestre et de 1,8 % l’an prochain, ce qui laisse peu de marge d’erreur, avertit-il.
Peter Morici, professeur d’économie à l’Université du Maryland, juge médiocre le rapport sur l’emploi et craint que la Réserve fédérale n’étouffe l’économie si elle augmente encore ses taux d’intérêt.
« La Fed doit s’interdire toute réaction disproportionnée, sinon elle risque de tuer l’expansion économique et de créer une longue période de stagflation, voire une récession », estime-t-il.
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Alors que les Américains célèbrent la Fête du travail aujourd’hui, l’économie continue de croître, quoique à un rythme plus lent, et créer des emplois, mais la faiblesse de l’expansion signifie que les salariés tirent moins de bénéfices de la croissance.
En août, l’économie américaine a créé 128 000 emplois et le taux de chômage a baissé à 4,7 % de la population active contre 4,8 % le mois précédent.
Ce rapport, considéré comme l’un des meilleurs indicateurs de la santé de l’économie, a apaisé les craintes d’une récession provoquée par le ralentissement immobilier,...