L’ancien ambassadeur Johnny Abdo a affirmé il y a quelques jours, au cours d’une interview à la Voix du Liban, que le pays pourrait s’engager au cours de la prochaine étape sur la voie d’une stabilisation militaire qui s’accompagnerait toutefois d’une instabilité politique chronique. La campagne effrenée menée depuis quelques jours par le général Michel Aoun en vue de tenter de provoquer la chute du gouvernement de Fouad Siniora afin de mettre en place un nouveau « gouvernement d’union nationale », au sein duquel le Courant patriotique libre serait représenté, constitue-t-elle les prémices de cette instabilité politique prévue par l’ancien ambassadeur ? Cette question est soulevée par les milieux politiques locaux qui s’interrogent sur les raisons de l’attaque frontale lancée par le leader du CPL contre le Premier ministre.
Pour justifier leur campagne ciblée contre la majorité, les milieux de l’opposition reprochent au cabinet Siniora d’avoir adopté, avant l’opération du 12 juillet, une attitude unilatérale en avalisant des décisions au niveau de l’Exécutif, sans prendre en considération le point de vue de la minorité. C’est précisément pour contester l’adoption de cette règle de la majorité et de la minorité dans les prises de décision au sein du gouvernement que les cinq ministres chiites avaient boycotté pendant plusieurs semaines les séances du cabinet. Et c’est cette même règle de la majorité et de la minorité que le général Aoun évoque pour expliquer sa campagne contre Fouad Siniora. Une telle argumentation est toutefois contestée par les forces du 14 Mars qui soulignent que le Hezbollah est le dernier à pouvoir dénoncer désormais l’unilatéralisme dans les prises de décision depuis qu’il a pris l’initiative unilatérale d’entraîner le pays dans une aventure militaire aux conséquences incalculables.
En tout état de cause, les milieux proches de l’alliance du 14 Mars soulignent que tout changement ministériel devrait se faire, le cas échéant, dans une atmosphère sereine et ne saurait être le fruit d’un bras de fer politique. Et de préciser dans ce contexte qu’un éventuel changement de gouvernement sous la pression n’est, au stade actuel, que dans l’intérêt de la Syrie. La chute du cabinet Siniora risquerait en effet de placer le pays devant l’alternative suivante : la mise sur pied d’une équipe ministérielle au sein de laquelle les alliés ou les proches de Damas auraient, au moins, une minorité de blocage ; ou une crise politique ouverte provoquée par les conditions et les contre-conditions posées par les différentes fractions locales.
Face à un tel risque, les sources du 14 Mars soulignent que dans les circonstances présentes, il ne saurait être question d’un éventuel changement ministériel sans un accord préalable sur la composition d’un nouveau gouvernement et, surtout, sur son plan d’action et les grandes lignes de son programme politique. Les mêmes milieux rappellent que lorsqu’il a été question d’un changement au niveau de la présidence de la République, aussi bien le général Aoun que le Hezbollah insistaient sur la nécessité d’une entente préalable sur la personne du successeur du général Émile Lahoud avant tout éventuel changement au niveau de la première magistrature de l’État. Ce même principe d’une entente préalable qui devrait précéder tout changement doit être appliqué également dans le cas du gouvernement, soulignent les forces du 14 Mars.
Il reste que l’ancien ministre Fouad Boutros souligne que dans les circonstances présentes, Fouad Siniora est la personnalité la plus à même pour être à la tête du gouvernement. Et selon M. Boutros, en cas de chute du cabinet Siniora, il serait particulièrement problématique de dégager une entente sur la désignation d’un nouveau Premier ministre autre que Fouad Siniora.
Émile KHOURY
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ancien ambassadeur Johnny Abdo a affirmé il y a quelques jours, au cours d’une interview à la Voix du Liban, que le pays pourrait s’engager au cours de la prochaine étape sur la voie d’une stabilisation militaire qui s’accompagnerait toutefois d’une instabilité politique chronique. La campagne effrenée menée depuis quelques jours par le général Michel Aoun en vue de tenter de provoquer la chute du gouvernement de Fouad Siniora afin de mettre en place un nouveau « gouvernement d’union nationale », au sein duquel le Courant patriotique libre serait représenté, constitue-t-elle les prémices de cette instabilité politique prévue par l’ancien ambassadeur ? Cette question est soulevée par les milieux politiques locaux qui s’interrogent sur les raisons de l’attaque frontale lancée par le leader du CPL...