«Dans la mémoire des habitants de Srifa, petite ville du sud du pays, l’attaque du 19 juillet reste comme le “tsunami israélien” qui a emporté en quelques minutes des dizaines de vies et une cinquantaine de maisons, écrit Béatrice Khadige dans un reportage pour l’AFP.
Hier, au second jour de la cessation des hostilités entre Israël et le Hezbollah, pelleteuses et mains nues s’acharnaient toujours à dégager les corps des décombres à quasi-perte de vue dans cette cité qui comptait avant la guerre 15 000 habitants. “C’était entre deux et trois heures du matin, dans la nuit de mardi à mercredi, le 19 juillet dernier. En même pas dix minutes, bruits et fracas nous ont assaillis. Tout a tremblé autour de nous”, raconte Hussein, un fonctionnaire qui venait juste alors d’arriver de Beyrouth.
“Nous sommes restés paralysés pendant un temps, ne sachant pas de quel côté fuir avec les bombes d’un côté, les bâtiments qui s’écroulaient et les cris, les effroyables cris de désespoir de l’autre”, raconte l’homme originaire de cette ville et dont la maison est située en lisière du secteur touché.
Sur le terrain, quatre pelleteuses jaunes sont à l’œuvre sur une aire grande comme deux terrains de football, entièrement recouverte de gravats et de bâtiments à demi effondrés.
Les sauveteurs, issus d’organisations sociales du parti Amal et de la municipalité, travaillent pour dégager les corps. “Le travail est difficile, fatigant, sous un soleil de plomb. Et la ville n’a plus d’eau, plus d’électricité et plus de téléphone”, explique un adjoint du moukhtar, Ali Eid.
“Personne n’est venu nous voir du gouvernement. Personne ne nous a rien envoyé de Beyrouth”, se plaint un sauveteur qui veut rester anonyme. En revanche, des militants du Hezbollah accrochent déjà leurs drapeaux jaunes un peu plus loin sur les ruines. À l’entrée du site sinistré, de larges banderoles jaunes chantent la gloire de la Résistance islamique.
“Nous avons retiré de ces décombres ce matin les corps des deux enfants de Youssef Zaarour, âgés d’une dizaine d’années. Il reste ceux des parents”, indique un secouriste, Ahmad Kreik, le nez masqué en raison des odeurs insoutenables.
À côté, sous un balcon plongé dans les gravats, “il reste hajjé Manahel Nadji, 70 ans”, explique l’adjoint du moukhtar.
En face, des quatre immeubles de quatre étages appartenant aux frères Nadji, ne subsistent que des plaques de béton éparpillées. Les pelleteuses ne s’y sont pas encore hasardées.
“Depuis la proclamation de la cessation des hostilités lundi à 8h, nous n’avons pu dégager que sept corps”, regrette le secouriste.
Après la nuit de cauchemar du 19 juillet, 25 corps avaient été sortis.
Dans les rues adjacentes au “ tsunami ”, des maisons à moitié emportées par le souffle ont retrouvé leurs habitants qui avaient pris la fuite.
“Nous sommes revenus hier de Bourj Hammoud, il faut sauver ce qu’on peut sauver”, confie Ibrahim Nadji, chauffeur de taxi, qui présente son père Hussein Salim Nadji, assis avec son épouse sur un demi-balcon de premier étage.
“Nous avons dormi chez des voisins, mais je crois que je vais installer une tente dans le jardin”, ajoute-t-il en désignant un vague terrain brûlé dont il ne reste que quelques feuillages et bois roussis.
Au jeune voisin d’à côté, encore sous le choc de n’avoir retrouvé qu’un pan de sa maison, Ibrahim lance en grinçant: “Viens boire le thé !”. »
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Hier, au second jour de la cessation des hostilités entre Israël et le Hezbollah, pelleteuses et mains nues s’acharnaient toujours à dégager les corps des décombres à quasi-perte de vue dans cette cité qui comptait avant la guerre 15 000 habitants. “C’était entre deux et trois heures du matin, dans la nuit de mardi à mercredi, le 19 juillet dernier. En même pas dix minutes, bruits et fracas nous ont assaillis. Tout a tremblé autour de nous”, raconte Hussein, un fonctionnaire qui venait juste alors d’arriver de Beyrouth.
“Nous sommes...