Chaque année, à peine février touche-t-il à sa fin que les amandiers sont en fleurs. La campagne est encore un paysage de Corot, avec ses branches noires qui lézardent le ciel, avec sa terre boueuse et ce parfum humide de feuilles mortes dont se revêt la brume, ultime coquetterie de l’hiver. Mais les amandiers forment déjà leurs bourgeons. Une première bourrasque les emporte. Qu’importe. La sève ne se retient pas. D’autres poindront, giflés par le vent du Nord, et d’autres encore, par le vent d’Ouest, jusqu’au dernier poudroiement rose et blanc au cœur duquel s’arrondira enfin le fruit, tendre secret de velours vert. J’ai longtemps cru qu’une conversation ineffable entre le ciel et la terre ordonnait le protocole des saisons. Qu’au moment où il était dit à l’un : arrête-toi de pleuvoir, à...
Actualités - Opinion
Impression Botanique
Par Fifi ABOU DIB, le 05 août 2006 à 00h00
Chaque année, à peine février touche-t-il à sa fin que les amandiers sont en fleurs. La campagne est encore un paysage de Corot, avec ses branches noires qui lézardent le ciel, avec sa terre boueuse et ce parfum humide de feuilles mortes dont se revêt la brume, ultime coquetterie de l’hiver. Mais les amandiers forment déjà leurs bourgeons. Une première bourrasque les emporte. Qu’importe. La sève ne se retient pas. D’autres poindront, giflés par le vent du Nord, et d’autres encore, par le vent d’Ouest, jusqu’au dernier poudroiement rose et blanc au cœur duquel s’arrondira enfin le fruit, tendre secret de velours vert. J’ai longtemps cru qu’une conversation ineffable entre le ciel et la terre ordonnait le protocole des saisons. Qu’au moment où il était dit à l’un : arrête-toi de pleuvoir, à...


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