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La Maison-Blanche espère un cessez-le-feu « dans les jours à venir »

Pris en étau entre l’Europe, qui dénonce de plus en plus ouvertement le lourd bilan humain au Liban, et son allié Israël déterminé à lutter contre le Hezbollah, les États-Unis commencent à montrer des signes d’impatience face à l’État hébreu. Alors que la guerre contre le Liban entre dans sa quatrième semaine, Washington reste toujours l’allié le plus fidèle d’Israël, mais avec l’intensification de l’offensive israélienne cette semaine et le bilan humain qui va bientôt atteindre les 900 morts, la pression de la communauté internationale pour un cessez-le-feu s’est fortement accentuée. La Maison-Blanche a ainsi déclaré hier que les efforts diplomatiques au Conseil de sécurité et avec la France avaient produit suffisamment de « réels progrès » pour espérer une résolution réclamant un cessez-le-feu au Liban dans les jours à venir. « Je crois qu’on peut parler de jours », a déclaré devant la presse le porte-parole de la Maison-Blanche Tony Snow, même s’il a reconnu ne pouvoir dire si une telle résolution serait adoptée d’ici à la fin de la semaine ou au début de la suivante. Ces propos confortent ceux de la secrétaire d’État Condoleezza Rice, qui a espéré qu’une telle résolution soit une question de « jours, pas de semaines » ; ils divergent en tous cas des déclarations d’avant-hier mardi du vice-Premier ministre israélien, Shimon Peres, selon lequel la durée du conflit pourrait encore se calculer en semaines. « Il faut parfois un peu plus longtemps qu’on ne souhaiterait », a déclaré Tony Snow. Mais les diplomates américains « pensent qu’ils font de réels progrès, pas seulement au Conseil de sécurité, mais notamment dans leur coopération avec les Français », même si des différences de vues demeurent, a-t-il rajouté, réaffirmant l’opposition américaine à un appel à un cessez-le-feu immédiat : « Un cessez-le-feu immédiat, sans garantie que les deux parties (libanaise et israélienne) vont coopérer, ce n’est pas un cessez-le-feu, c’est une illusion. » Le porte-parole de la Maison-Blanche a indiqué que Condoleezza Rice aurait des entretiens avec George W. Bush au cours du week-end et qu’elle pourrait se rendre aux Nations unies la semaine prochaine. Tout cela n’a pas empêché les voix critiquant la politique US de continuer à se multiplier, à commencer par celle, rarissime aussi publiquement, de l’un de ses plus fidèles alliés arabes, l’Arabie saoudite. « Nous désapprouvons la politique américaine dans la région. Les États-Unis sont une superpuissance et peuvent chercher à obtenir un cessez-le-feu immédiat », a ainsi déclaré le chef de la diplomatie saoudienne, Saoud al-Fayçal. « Nous reprochons aux États-Unis de n’avoir pas agi pour empêcher Israël de frapper le Liban », a-t-il ajouté, évoquant l’obligation morale de Washington d’empêcher que des civils libanais soient victimes d’armes US. « Nous aimerions en revenir à l’ancien Moyen-Orient, car nous ne voyons pas grand-chose dans le nouveau, sinon davantage de problèmes », a également asséné le prince Saoud. Parallèlement, les pays arabes discutent de la possibilité de tenir « le plus tôt possible » à Beyrouth une réunion ministrérielle de soutien au Liban. Selon Saoud al-Fayçal, le but de cette réunion est de « démontrer que tous les pays arabes soutiennent le Liban ». Sur le continent européen aussi, l’activité diplomatique continuait de rythmer la journée d’hier. Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, s’est employé, au micro de la radio juive Radio J, à recadrer ses propos sur un Iran « stabilisateur », tenus dimanche à Beyrouth. « L’Iran a une part de responsabilité dans le conflit actuel et peut donc jouer un rôle dans sa solution », a-t-il dit hier. Signalons que l’ancien Premier ministre français, Alain Juppé, a estimé sur son blog que « ce que fait Israël au Liban est moralement inacceptable et politiquement déraisonnable ». Enfin, à Rome, le chef de la diplomatie italienne, Massimo D’Alema, a jugé que le conflit entre Israël et le Hezbollah peut être « contagieux », et comporte « le risque d’une internationalisation. Un nouveau scénario s’est ouvert, un scénario postirakien (...) un mécanisme de solidarité s’est mis en marche en faveur du Hezbollah dans tout le monde arabe où nous avons une situation très préoccupante », a indiqué le ministre D’Alema.
Pris en étau entre l’Europe, qui dénonce de plus en plus ouvertement le lourd bilan humain au Liban, et son allié Israël déterminé à lutter contre le Hezbollah, les États-Unis commencent à montrer des signes d’impatience face à l’État hébreu.
Alors que la guerre contre le Liban entre dans sa quatrième semaine, Washington reste toujours l’allié le plus fidèle d’Israël, mais avec l’intensification de l’offensive israélienne cette semaine et le bilan humain qui va bientôt atteindre les 900 morts, la pression de la communauté internationale pour un cessez-le-feu s’est fortement accentuée.
La Maison-Blanche a ainsi déclaré hier que les efforts diplomatiques au Conseil de sécurité et avec la France avaient produit suffisamment de « réels progrès » pour espérer une résolution réclamant un...