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Actualités - Opinion

Reconstruisez le Liban, pour nous

En ces temps de guerre dans notre patrie, nous, les Libanais exilés, nous jetons sur toutes les dépêches, tous les articles, tous les dossiers qui traitent du sujet. Parfois les mots nous rassurent et parfois ils nous angoissent. Mon sentiment, et je n’ai pas honte d’utiliser ces mots (mille et mille pardons pour tous les innocents qui meurent tous les jours), nous avons finalement mérité cette guerre. Nous l’avons méritée, oui. Retournons un peu en arrière, au moins sur les quinze derniers mois. Que s’est-il passé chez nous ? De table de dialogue en polémiques télévisées, chacun des partis politiques n’est obsédé que par la manière de plaire à l’une ou l’autre puissance étrangère. Les uns veulent tenir compte des intérêts syriens, les autres des intérêts américains, français, saoudiens et j’en passe. L’intérêt du Liban et de son peuple est relégué aux oubliettes. Non, on ne peut pas faire plaisir à tout ce monde pour la simple raison que tout ce monde a des intérêts différents. Le problème majeur pour les puissances étrangères était et reste cette histoire de résolution, la 1559. Avant de discuter de la légitimité de cette résolution, il est important de noter que toutes les résolutions exigées d’Israël par la même ONU sont demeurées lettres mortes sans que personne n’y trouve à redire. Cela pour le côté « sacré » des résolutions onusiennes qu’il faut absolument que le Liban respecte pour rester dans le cadre de la loi internationale. Très bien, on décide d’appliquer cette 1559. Nous aurions pu le faire et rester unis, tous les partis politiques réunis, et par là même forts et invincibles face à l’ennemi, si tous nos dirigeants s’étaient montrés fermes sur le fait que ce problème était un problème purement libanais et que nous le réglerions comme tel. Mais pendant que les uns affirmaient cela et se faisaient taper sur les doigts, d’autres appelaient hypocritement à l’aide internationale pour résoudre ce conflit, ce qui accroissait la méfiance du Hezbollah par rapport à la confidentialité de la table de dialogue. Oui, il faut que le Hezbollah intègre les rangs de la majorité, mais c’est un parti au passé trop important pour qu’on se permette de le traiter avec autant de désinvolture et de mépris. Quand il parlait de l’ennemi sioniste, ses ennemis nationaux riaient sous cape en affirmant que cette menace faisait partie du passé. Les événements actuels nous prouvent le contraire et, pour deux soldats enlevés (cela se fait partout pour un échange de prisonniers), Israël a dévoilé au grand jour son plan. Tout le monde est aujourd’hui d’accord pour affirmer que ce plan était bel et bien préparé et qu’on ne mène pas une guerre de cette envergure sans l’avoir préparée depuis de nombreux mois, voire des années. Le plus urgent est, certes, d’œuvrer pour un cessez-le-feu. Mais après cela, ce n’est pas au sayyed uniquement qu’il faudra demander des comptes, mais à tous nos dirigeants. Et nous, peuple libanais, exilés malgré nous, leur demandons, leur ordonnons une chose : arrêtez de lorgner vers l’extérieur pour régler vos conflits. Il n’existe pas une seule puissance qui tient aux intérêts des 19 confessions réunies. Chacun veut sa part du gâteau. Alors, tournez-leur le dos et mettez-vous d’accord. Nous ne voulons plus détruire notre patrie ; nous vous ordonnons de la chérir et de la protéger, de lui rester fidèle dans le bonheur et dans les épreuves, dans la santé et la maladie, pour l’aimer tous les jours de votre vie. Nous aimons le Liban. S’il vous plaît, reconstruisez-le pour nous. Ghada DAKAR
En ces temps de guerre dans notre patrie, nous, les Libanais exilés, nous jetons sur toutes les dépêches, tous les articles, tous les dossiers qui traitent du sujet. Parfois les mots nous rassurent et parfois ils nous angoissent.
Mon sentiment, et je n’ai pas honte d’utiliser ces mots (mille et mille pardons pour tous les innocents qui meurent tous les jours), nous avons finalement mérité cette guerre. Nous l’avons méritée, oui. Retournons un peu en arrière, au moins sur les quinze derniers mois.
Que s’est-il passé chez nous ? De table de dialogue en polémiques télévisées, chacun des partis politiques n’est obsédé que par la manière de plaire à l’une ou l’autre puissance étrangère. Les uns veulent tenir compte des intérêts syriens, les autres des intérêts américains, français, saoudiens et...