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Actualités - Opinion

Crise majeure au Proche-Orient

Après l’Irak, où la «banalité» des attentats fait partie d’un quotidien qui prélude à une forme de guerre civile, le Proche-Orient est, hélas encore, sous les feux de l’actualité. Et la canicule, qui frappe l’Europe préfigurant une grave menace sur la planète, passe au second plan. Personne ne conteste à un État, quel qu’il soit, le droit de se défendre contre une agression extérieure. Un État ne doit-il pas assurer avant toute chose la sécurité de ses citoyens? D’action en réaction, sans qu’il soit besoin d’en chercher l’initiateur, tout a commencé à Gaza avec l’enlèvement par des extrémistes palestiniens du caporal Gilat Shalit, qui a également la particularité d’être de nationalité française. La réaction d’Israël a été forte et massive, s’accompagnant de destructions et d’incursions à Gaza. On peut comprendre le souci du gouvernement israélien de sauver le caporal Shalit. Peut-on pour autant soutenir une action d’envergure qui semble disproportionnée? Comme semble disproportionnée l’action militaire israélienne contre le Liban. Prenant comme prétexte l’enlèvement de deux soldats par le Hezbollah libanais, l’armée israélienne a bombardé non seulement le Liban-Sud, mais également Beyrouth, Tripoli et la plaine de la Békaa, touchant des bâtiments, des infrastructures, dont l’aéroport. En réplique, le Hezbollah a lancé des missiles sur Haïfa. À la litanie des morts d’un côté répond la litanie des victimes de l’autre bord. Qu’importe pourtant qu’ils soient juifs, arabes ou chrétiens, libanais, palestiniens, israéliens ou touristes étrangers, ce sont avant tout des hommes, des femmes et des enfants qui sont tués dans l’indifférence générale des «nations civilisées». Une indifférence coupable que j’appelle de la lâcheté! Est-ce donc ça la civilisation? Entendre le président d’une grande nation proférer à l’égard d’un parti qu’il a dans le nez des propos pour le moins méphitiques, on peut se poser la question. On peut ne pas adhérer à la ligne politique d’un parti, d’un groupe ou d’une entité, mais quelle que soit la position que l’on occupe, et plus particulièrement lorsqu’on est à la tête d’un État, il est des propos que l’on doit s’abstenir de prononcer, même si on les pense. Intensément! La violence n’est et ne sera jamais une solution. Car la violence ne fait que le lit de la violence. Comme la haine. Nous espérions qu’avec le rapprochement du Hamas et du Fateh sur la question de l’existence d’Israël, nous abordions une nouvelle étape vers la paix. Comme nous l’espérions, quelques mois plus tôt, avec la victoire de Kadima, le parti de centre gauche voulu par Ariel Sharon. Cette large coalition entre les ex du Likoud et les travaillistes était porteuse de grands espoirs pour l’avenir de la région. Or, Kadima tombe dans les mêmes erreurs que les gouvernements précédents, encore que celui d’Ariel Sharon ait fait preuve de plus de courage politique, un courage qu’Ehud Olmert est encore loin d’avoir prouvé. Le peuple israélien ne doit plus être l’otage des extrémistes. De guerres en guerres, d’attentats en représailles, la région s’est enfoncée dans la spirale de la mort. On aurait pu croire que les processus de paix engagés auraient aplani les difficultés. Loin s’en faut! À chaque avancée, il y eut deux pas en arrière. Aujourd’hui, on en mesure les conséquences. Le peuple libanais ne peut être tenu responsable des erreurs et des provocations d’un parti, véritable État dans l’État avec ses milices surarmées et la volonté farouche de préserver son indépendance. C’est au terme d’élections libres, après une série d’attentats sanglants dont celui qui a coûté la vie à l’ex-Premier ministre Rafic Hariri, que le Liban s’est débarrassé de la tutelle syrienne. Exception faite du Hezbollah, parti inféodé à la Syrie et soutenu par l’Iran, qui continuait à maintenir dans ce pays déjà meurtri une présence dérangeante. Mais le Hezbollah ne peut être considéré comme un corps étranger, car bien qu’issu d’une fraction iranienne, il s’est «libanisé» jusqu’à faire partie intégrante du paysage politique libanais. La résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies du 2 septembre 2004 exigeait du gouvernement libanais le retrait des troupes syriennes et le désarmement du Hezbollah. Comment un gouvernement, alors sous la coupe de Damas, pouvait-il appliquer une telle résolution? Et comment l’actuel gouvernement libanais, engendré dans la douleur et sous la pression internationale comme celle de ses voisins, pourrait-il le faire? Il faut savoir que le Liban d’aujourd’hui pas plus que celui de l’après-guerre civile ne dispose d’une réelle force armée, celle-ci ayant été réduite à néant par la Syrie. Pourquoi les Nations unies n’ont-elles pas aidé le Liban dans cette tâche? Et qui respecte vraiment les résolutions des Nations unies? Est-ce en bombardant les casernes de l’armée libanaise qu’on réussira à appliquer cette résolution? Le peuple palestinien ne peut être tenu responsable de ses choix. Doit-on le punir d’avoir donné le pouvoir au Hamas lors d’élections libres? Quel était réellement son choix entre un Fateh impuissant et corrompu et un Hamas promettant de redorer l’honneur d’une nation? Pour ceux qui l’ignorent, les Palestiniens sont loin d’être ce peuple de bergers dépenaillés que les médias nous présentent. Les Palestiniens appartiennent à l’élite arabe. Ils sont parmi les plus instruits. Formés par les Britanniques, nombre d’entre eux ont accédé à de très hautes positions, notamment dans le monde des affaires. Peuple aujourd’hui sans terre et sans État, comme l’a été le peuple juif, les Palestiniens rêvent aussi de leur terre promise. Encore peut-on à la rigueur reprocher à leurs dirigeants cinquante ans d’erreurs et d’errements politiques, d’occasions perdues en projets avortés. Palestiniens, Libanais et Israéliens ne devraient pas être ennemis. Ils sont beaucoup plus proches qu’on ne peut l’imaginer, s’ils n’étaient pas les jouets des extrémistes et des intérêts des plus hautes sphères qui préfèrent les voir s’entre-tuer que de vivre en paix. Aujourd’hui, je me sens déchiré, comme ce Proche-Orient que j’aime et qui vit en moi avec ses diversités et ses richesses. Je me sens déchiré et ô combien désemparé. Restent les mots… Carl E. ARKANTZ
Après l’Irak, où la «banalité» des attentats fait partie d’un quotidien qui prélude à une forme de guerre civile, le Proche-Orient est, hélas encore, sous les feux de l’actualité. Et la canicule, qui frappe l’Europe préfigurant une grave menace sur la planète, passe au second plan.
Personne ne conteste à un État, quel qu’il soit, le droit de se défendre contre une agression extérieure. Un État ne doit-il pas assurer avant toute chose la sécurité de ses citoyens? D’action en réaction, sans qu’il soit besoin d’en chercher l’initiateur, tout a commencé à Gaza avec l’enlèvement par des extrémistes palestiniens du caporal Gilat Shalit, qui a également la particularité d’être de nationalité française. La réaction d’Israël a été forte et massive, s’accompagnant de destructions et...