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Actualités - Opinion

Éclairage Le nord du Kosovo pourrait faire sécession en cas d’indépendance

Les habitants serbes du nord du Kosovo, une région bordant la frontière avec la Serbie, menacent de faire sécession du reste de la province si elle devient indépendante comme le souhaite la communauté albanaise. «Le nord du Kosovo ne sera jamais albanais et ne fera jamais partie d’un Kosovo indépendant », avertit Momir Kasalovic, un responsable local serbe. « Si (...) l’indépendance devient une réalité, nous ferons tout ce qui est possible pour sauvegarder cette région », insiste-t-il. « Les Albanais en demandent trop, ce territoire (le Kosovo) a toujours appartenu à la Serbie. Vivre avec eux est impossible », renchérit Vlada Zdravkovic, un réfugié venant de Pristina, le chef-lieu de la province. Ce chauffeur de taxi, qui a fui son foyer en 1999, craignant des représailles des extrémistes albanais, vit désormais à Zvecan, dans le nord du Kosovo, où les Serbes, au nombre de quelque 60 000, sont majoritaires. « Les gens ici ont perdu la volonté de vivre avec les Albanais, il n’y a pas de confiance entre nous après tout ce qui s’est passé », explique-t-il. Sept ans après la fin du conflit, la mission de l’ONU n’a pas réussi à s’implanter de manière significative dans le nord du Kosovo, dominé par les Serbes et sous la forte influence des autorités de Belgrade. La rivière Ibar, qui traverse la ville de Kosovska Mitrovica, marque la frontière entre la partie septentrionale et le reste de la province où les Albanais, environ deux millions, sont majoritaires. Les municipalités du Nord, leurs institutions, l’enseignement, la santé, la justice font l’objet d’un soutien du gouvernement serbe. Les lignes téléphoniques et électriques sont reliées à la Serbie, le dinar serbe est la monnaie en circulation et les fonctionnaires sont payés par l’État serbe. Les automobiles n’y ont en général pas les plaques d’immatriculation délivrées au Kosovo, la presse de la province n’y est pas vendue. Tous ces signes, associés à la loyauté politique absolue envers Belgrade, font que l’administration de l’ONU est presque invisible. En juin, les autorités locales y ont proclamé, après une vague de violences contre les Serbes, l’« état d’urgence », rompant leurs liens avec les institutions du Kosovo, une mesure considérée comme un premier pas vers la sécession. Si, pour Momir Kasalovic, la Serbie n’a pas été impliquée dans cette décision, cette opinion n’est pas partagée par tous les Serbes de la région. « Le Nord (du Kosovo) est mieux contrôlé par les autorités serbes que le centre de Belgrade », lance ainsi un journaliste serbe local. Craignant les conséquences que pourrait avoir une décision unilatérale serbe en cas d’indépendance du Kosovo, la mission de l’ONU a renforcé les mesures de sécurité dans la partie septentrionale. La Force multinationale de paix (KFOR) mise en place par l’OTAN a rouvert sa base près de Leposavic, à proximité de la frontière avec la Serbie. Pour certains, tels Branislav Pantovic, il n’y a pas d’autre solution que d’empêcher l’indépendance du Kosovo, même par la force. « Je serai le premier à empêcher quiconque de proclamer l’indépendance ici », assure ce propriétaire d’un restaurant. Le Kosovo, juridiquement une province de la Serbie, est administré par l’ONU depuis juin 1999. Les Albanais, 90 % des habitants du Kosovo, exigent l’indépendance, ce que Belgrade, pour qui le Kosovo est le berceau de l’histoire et de la culture serbes, refuse catégoriquement, offrant une large autonomie. Des négociations sur le futur statut de cette province ont débuté en février à Vienne sous l’égide de l’ONU. Elles n’ont jusqu’à présent débouché sur aucun résultat concret. Les président et Premier ministre serbe et albanais devraient se retrouver aujourd’hui à Vienne pour discuter directement de l’avenir du Kosovo. Ismet HAJDARI (AFP)
Les habitants serbes du nord du Kosovo, une région bordant la frontière avec la Serbie, menacent de faire sécession du reste de la province si elle devient indépendante comme le souhaite la communauté albanaise.
«Le nord du Kosovo ne sera jamais albanais et ne fera jamais partie d’un Kosovo indépendant », avertit Momir Kasalovic, un responsable local serbe. « Si (...) l’indépendance devient une réalité, nous ferons tout ce qui est possible pour sauvegarder cette région », insiste-t-il.
« Les Albanais en demandent trop, ce territoire (le Kosovo) a toujours appartenu à la Serbie. Vivre avec eux est impossible », renchérit Vlada Zdravkovic, un réfugié venant de Pristina, le chef-lieu de la province. Ce chauffeur de taxi, qui a fui son foyer en 1999, craignant des représailles des extrémistes albanais, vit...