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Actualités - Opinion

Opinion L’encadrement familial pour juguler la peur

A-t-on le droit d’avoir peur ? Faut-il exprimer ou camoufler sa peur ? Des questions qui se posent avec acuité, notamment au niveau des jeunes. Quels que soient l’âge, la situation, le statut de chaque personne, la peur est un facteur humain, c’est-à-dire totalement normal. Croyants ou athées, à chacun ses peurs et ses appréhensions. Dans la situation actuelle, la peur se manifeste dans chaque foyer. La peur de la mort mais aussi la peur de l’avenir. « Que vais-je devenir ? Et mes parents, mes amis et les projets d’avenir ?... » s’inquiète une jeune fille de 19 ans. Avant de parler de la situation du Libanais, parlons de l’homme, de l’humain. L’être humain a des craintes et des appréhensions qui relèvent de facteurs en rapport avec les croyances, l’appartenance, l’éducation, le caractère et bien d’autres paramètres. L’expression de la peur diffère d’une personne à l’autre. Les uns sont modérés dans leurs réactions, les autres théâtralisent, exagérant la situation (état de panique). Certains camouflent leurs peurs, refoulant ainsi les affects, mais courant le risque de voir s’ouvrir un jour la soupape de sécurité qui, jusque-là, gardait la personne sous contrôle. Celui qui exprime sa peur ne la dépasse pas nécessairement, mais réduit l’intensité de la pulsion. Dans le cas contraire, la personne court le risque de perdre son équilibre à long terme. Le Libanais, quelles que soient son appartenance, ses croyances, sa religion, sa confession, est capable de gérer sa peur d’une manière ou d’une autre. L’âge, l’expérience et l’éducation influencent ses réactions. Un facteur vient s’ajouter aux précédents, celui de la guerre. Nous distinguerons les Libanais, qui ont vécu la guerre du dernier quart de siècle, de ceux qui l’ont jamais vécue, en passant par ceux qui ont quitté le pays au début du conflit. Les personnes qui ont déjà vécu la guerre la vivent différemment lorsqu’elle se répète. Certes, elles ne se réjouissent pas de la reprise du conflit armé, mais se trouvent capables de maîtriser leurs affects et de gérer leur peur. Quant à ceux qui ont quitté le pays en temps de guerre (surtout dans des conditions difficiles), ils ne peuvent supporter la reprise des affrontements. Ils associent à leurs peurs une mélancolie et une perte de l’espoir en un retour dans leur pays d’origine. Les jeunes de l’après-guerre sont les plus affectés aujourd’hui, parce que la situation est inhabituelle pour eux et par le fait même mystérieuse dans le sens où « tout peut se passer ». Certains de ces jeunes perdent l’espoir et sont stressés sans toutefois se laisser aller. D’autres perdent le nord et cherchent à tout prix à quitter le pays (sans vraiment avoir un but bien déterminé). Le rôle des parents et de la famille s’avère primordial. Dans les circonstances présentes, il nous est demandé d’encadrer nos enfants et les jeunes, d’écouter leur souffrance, de comprendre leurs craintes, de se mettre à leur niveau et leur expliquer la situation. Autrement dit, de communiquer et de ne pas banaliser la situation. Aujourd’hui, plus que jamais, le Libanais est invité à « réfléchir à ses actes » et à ne pas se lancer dans l’inconnu. Prise dans le tourbillon des événements, toute personne peut être emportée par le courant et se retrouver au fond du gouffre. Il est important d’exprimer ce que l’on ressent et de parler de ses peurs. Mais il est indispensable aussi de prendre du recul et de prendre le temps de réfléchir à la situation vécue pour mieux cibler son comportement. Viviane Matar TOUMA Psychologue, psychothérapeute
A-t-on le droit d’avoir peur ? Faut-il exprimer ou camoufler sa peur ? Des questions qui se posent avec acuité, notamment au niveau des jeunes. Quels que soient l’âge, la situation, le statut de chaque personne, la peur est un facteur humain, c’est-à-dire totalement normal. Croyants ou athées, à chacun ses peurs et ses appréhensions.
Dans la situation actuelle, la peur se manifeste dans chaque foyer. La peur de la mort mais aussi la peur de l’avenir. « Que vais-je devenir ? Et mes parents, mes amis et les projets d’avenir ?... » s’inquiète une jeune fille de 19 ans. Avant de parler de la situation du Libanais, parlons de l’homme, de l’humain.
L’être humain a des craintes et des appréhensions qui relèvent de facteurs en rapport avec les croyances, l’appartenance, l’éducation, le caractère et bien...