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CONJONCTURE L’économie européenne a profité de l’effet « Coupe du monde »

La Coupe du monde de football a manifestement eu pour effet de délier les cordons de la bourse des consommateurs européens, comme le montrent plusieurs indicateurs économiques publiés hier en France et en Italie, dont les équipes ont joué la finale, mais aussi en Grande-Bretagne. La consommation des ménages en produits manufacturés s’est envolée en France en juin, à +1,7 %, alors que les économistes s’attendaient à une hausse de +0,4 %, selon des chiffres de l’Insee. Les économistes n’ont pas été moins surpris par le chiffre de la croissance britannique au deuxième trimestre, qui a atteint 0,8 % par rapport au premier, soit son meilleur niveau depuis deux ans, alors qu’ils tablaient sur une croissance de 0,7 %. Manifestement, l’effet « Coupe du monde » est passé par là, estiment unanimement les analystes. En effet, si l’Office national de la statistique britannique n’évoque pas la consommation dans ses chiffres publiés hier, les données mensuelles ont montré que ce traditionnel talon d’Achille de l’économie britannique avait fortement été soutenu en début d’année par les achats d’objets (vêtements, téléviseurs...) liés à la Coupe du monde de football. En France, après avoir augmenté de 6,4 % en mai, un niveau exceptionnel, la consommation des biens d’équipement du logement (notamment écrans plats ou LCD) a encore progressé de 3,2 % en juin, au fur et à mesure que l’équipe de France de football progressait dans la compétition. Comme un écho venu de l’autre côté des Alpes, la publication, hier, de l’indice de confiance des consommateurs italiens par l’institut national ISAE montre elle aussi que football et consommation semblent faire bon ménage. L’indice a bondi à 108,7 en juillet contre 106,9 en juin. « Les estimations et prévisions sur la situation générale de l’Italie s’améliorent, ce qui pourrait être dû au climat d’euphorie lié aux récents événements sportifs », commente l’ISAE. Toute la question est maintenant de savoir si la consommation va rester soutenue une fois l’euphorie retombée. Une étude de l’assureur-crédit Euler-Hermès-SFAC publiée hier est optimiste pour ces trois pays. En Italie, « le taux de chômage au plus bas depuis 15 ans, la victoire de la Coupe du monde et la progression des revenus laissent envisager que la consommation devrait continuer à progresser (plus de 1 % en moyenne en 2006) », indique cette étude. Côté français, où l’emploi stagne et où les salaires progressent peu, « les ménages puisent dans leur taux d’épargne (au demeurant encore élevé, à 15 % en 2005) pour financer une consommation assez soutenue (2,5 % attendu pour 2006 et 2007) », et au Royaume-Uni, « la consommation des ménages devrait conforter son sursaut du 2e semestre 2005 ». D’autres économistes sont plus prudents et pensent que l’effet « Coupe du monde » fera long feu. Pour la France, Marc Touati (Natexis banques populaires) estime qu’avec un taux d’endettement historique qui avoisine désormais 66 %, les ménages français « sont en train d’utiliser leurs dernières cartouches pour maintenir la consommation à un niveau élevé ». Anna Grimaldi, économiste de Banca Intesa, n’est pas plus optimiste pour l’Italie : « Si les consommateurs achètent plus aujourd’hui, ils achèteront moins demain car leur situation économique n’a pas changé », selon elle. Quant à Howard Archer, de Global Insight, il estime qu’en Grande-Bretagne, ce mouvement pourrait être freiné par « une croissance modérée des salaires, des dépenses d’énergie qui bondissent et un certain nombre d’autres vents contraires » pour le porte-monnaie des ménages.

La Coupe du monde de football a manifestement eu pour effet de délier les cordons de la bourse des consommateurs européens, comme le montrent plusieurs indicateurs économiques publiés hier en France et en Italie, dont les équipes ont joué la finale, mais aussi en Grande-Bretagne. La consommation des ménages en produits manufacturés s’est envolée en France en juin, à +1,7 %, alors que les économistes s’attendaient à une hausse de +0,4 %, selon des chiffres de l’Insee. Les économistes n’ont pas été moins surpris par le chiffre de la croissance britannique au deuxième trimestre, qui a atteint 0,8 % par rapport au premier, soit son meilleur niveau depuis deux ans, alors qu’ils tablaient sur une croissance de 0,7 %. Manifestement, l’effet « Coupe du monde » est passé par là, estiment unanimement les...