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Actualités - Chronologie

Dans leur fuite, les habitants du Sud se protègent avec des moyens dérisoires

Jetés sur les routes, les habitants du Liban-Sud ont recours à des moyens dérisoires pour tenter de se protéger dans leur fuite des raids israéliens qui fauchent sans distinction voitures civiles, camions et ambulances, rapporte Jihad Seqlaoui, de l’AFP. À l’entrée nord de Tyr, Ali Mohsen étend un drap blanc sur le toit de sa vieille BMW où s’entassent sa femme et ses cinq enfants. Il accroche ensuite un morceau de tissu blanc sur l’antenne. « Comme cela, les avions israéliens sauront que je suis un civil, même s’ils ne font pas vraiment la différence entre civils et militaires, et bombardent tout ce qui bouge », dit ce fonctionnaire de 41 ans. Il a quitté dimanche son village de Tayr Harfa, près de la frontière avec Israël qui a sommé les habitants de la zone frontalière de l’évacuer, pour se réfugier à Tyr. « Maintenant, ils ont commencé à bombarder Tyr et les enfants n’ont pas dormi de la nuit. Je vais partir vers la montagne », dit-il. Pour se sentir plus en sécurité, Ali a décidé de former un convoi avec cinq autres voitures civiles afin de fuir vers le Nord. Mohammad Makna, 26 ans, du village frontalier de Tayr Debba, qui s’est joint à lui avec sa femme et sa fille, est désespéré. « Je vais aller à Beyrouth et me réfugier n’importe où, dans une école, un jardin public, je peux même dormir dans ma voiture. Je ne veux pas mourir, c’est trop tôt pour moi et ma famille. » Douze civils, membres de deux familles qui fuyaient du Liban-Sud vers Beyrouth, ont été tués lundi par un missile air-sol israélien qui a touché de plein fouet le minibus à bord duquel ils voyageaient. Les douze civils, dont deux femmes et trois enfants, ont été tués sur la route côtière de la bourgade de Rmeilé, au nord de Saïda. Selon les estimations de la police, la moitié environ des habitants de la bande frontalière ont fui vers le Nord à la suite des sommations israéliennes, soit environ 45 000 personnes, malgré les raids incessants qui détruisent les ponts et coupent les routes. Israël a annoncé sa volonté de vider de leurs habitants les villages libanais frontaliers pour empêcher que le Hezbollah n’use de leur population comme bouclier pour tirer sur le nord de l’État hébreu. Depuis vendredi, l’armée israélienne somme les habitants d’abandonner cette région, notamment les villages du secteur occidental de la frontière, au sud-est de Tyr. À Tyr, le prix d’un taxi pour Beyrouth a atteint hier la somme astronomique de mille dollars, alors qu’il fallait avant l’attaque israélienne 5 000 livres pour gagner la capitale. La route au nord de Tyr connaissait un embouteillage monstre hier matin, des milliers de voitures tentant de contourner le pont de Qasmiyé qui commande l’accès au Liban-Sud et qui a été détruit par l’aviation israélienne, à l’instar d’un grand nombre de ponts au Liban-Sud. Dimanche, quatre civils membres de deux familles avaient été tués et trois blessés par des bombardements israéliens qui avaient touché deux voitures à Qasmiyé. Vendredi, 18 habitants du village frontalier de Marwahine, dont onze enfants, avaient été tués dans un raid aérien alors qu’ils fuyaient leur village à bord d’une camionnette, deux heures après avoir reçu par mégaphone l’ordre par l’armée israélienne de l’évacuer.
Jetés sur les routes, les habitants du Liban-Sud ont recours à des moyens dérisoires pour tenter de se protéger dans leur fuite des raids israéliens qui fauchent sans distinction voitures civiles, camions et ambulances, rapporte Jihad Seqlaoui, de l’AFP.
À l’entrée nord de Tyr, Ali Mohsen étend un drap blanc sur le toit de sa vieille BMW où s’entassent sa femme et ses cinq enfants. Il accroche ensuite un morceau de tissu blanc sur l’antenne.
« Comme cela, les avions israéliens sauront que je suis un civil, même s’ils ne font pas vraiment la différence entre civils et militaires, et bombardent tout ce qui bouge », dit ce fonctionnaire de 41 ans.
Il a quitté dimanche son village de Tayr Harfa, près de la frontière avec Israël qui a sommé les habitants de la zone frontalière de l’évacuer, pour se...