Alors que les déplacés du Liban-Sud, de la banlieue sud de Beyrouth et de Tripoli affluent, depuis plusieurs jours déjà, vers des régions plus sûres, l’aide humanitaire se met finalement en place et une chaîne de solidarité s’organise progressivement dans l’ensemble du pays. Non seulement les instances étatiques, comme le ministère des Affaires sociales et les municipalités, mais aussi les ONG, la Croix-Rouge libanaise et Caritas, notamment, se démènent pour loger les réfugiés et leur assurer les produits de première nécessité et les soins. Les écoles publiques, et même privées, ont été invitées à ouvrir leurs portes pour accueillir les déplacés.
Dans cette optique, la ministre des Affaires sociales, Nayla Moawad, a tenu hier une réunion élargie au ministère, en présence d’associations caritatives, du Fonds canadien pour le développement social et de l’Unicef. Elle a indiqué qu’une chambre d’opérations avait été mise en place au sein du ministère, dès samedi dernier, pour venir en aide aux réfugiés, tout en admettant que son ministère s’est rendu coupable de négligence, car il ne s’attendait pas à des développements aussi dramatiques. Elle a également justifié la lenteur des opérations par le flot grandissant des déplacés, « qui augmentent, en l’espace d’un quart d’heure, de cent à mille personnes », en raison de la sauvagerie des agressions israéliennes et du blocus total imposé par l’armée de l’État hébreu qui empêche l’arrivée des aides arabes et internationales. Nayla Moawad a enfin assuré qu’« absolument tous les déplacés seront pris en charge, sans discrimination aucune ».
Face à l’afflux des déplacés, alors que les hôtels affichent complet et que tous les appartements vides ont été loués, les municipalités de Denniyé, de Bakhoun, de Syr et de Békaasifrine ont mis en place des comités de secours chargés de loger les nouveaux arrivants et de leur assurer les produits de première nécessité, notamment des matelas, des couvertures, des produits alimentaires et des médicaments. De même, la municipalité de Halba au Akkar a mis en place un comité de secours à l’intention des réfugiés ainsi que les numéros d’urgence suivants : 06/693025 - 06/690166 - 06/690025 et 03/446888.
De son côté, le Courant du futur a mis en place une cellule d’urgence, en collaboration avec l’ensemble des ministères concernés et des municipalités, afin d’assurer aux réfugiés logés dans les écoles publiques de Beyrouth les produits de première nécessité ainsi que les médicaments. Il met à la disposition des gens les numéros d’urgence suivants : 01/356913 - 01/356903 et 01/356904.
La Croix-Rouge libanaise a annoncé à son tour que, depuis le début des opérations, elle a mis à la disposition de la population plus de 200 ambulances et 620 secouristes, qui se sont chargés, par l’intermédiaire de trois chambres d’opérations, de secourir et de transporter les blessés, ainsi que les morts. De même, Caritas a indiqué qu’elle se tenait aux côtés de la population libanaise sinistrée et qu’elle œuvrait, malgré le blocus et les bombardements, à assurer les produits de première nécessité et les médicaments à l’ensemble des régions du pays, et notamment du Liban-Sud.
Par ailleurs, le vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, a appelé à la solidarité des Libanais « à l’égard des populations déplacées, et plus spécifiquement des sinistrés, des malades et des nécessiteux ». À l’heure où la solidarité des Libanais s’organise, les Émirats arabes ont effectué un don de 24 ambulances équipées au ministère libanais de la Santé, qui permettront de porter secours aux blessés. Ces ambulances devaient être transportées hier par avion à l’aéroport de Damas.
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Dans cette optique, la ministre des Affaires sociales, Nayla Moawad, a tenu hier une réunion élargie au ministère, en présence d’associations caritatives,...