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Actualités - Opinion

Le Premier ministre adopte la tactique de l’amortissement des attaques

Le gouvernement semble en meilleure position que lors de sa formation pour mettre en œuvre sa politique de privatisation et aborder les réformes indispensables à la tenue du forum Beyrouth I. Il peut notamment se payer le luxe d’ignorer les campagnes en vue d’un changement de gouvernement. Pour faciliter l’acceptation de son plan, le Premier ministre compte sur un succès dans l’amélioration des prestations des différents ministères, ainsi que sur une tactique d’amortissement des attaques dont le gouvernement est l’objet. Car l’obstructionnisme se poursuit, aussi bien de la part du chef de l’État que de ses alliés naturels et moins naturels. Ces derniers viennent de pousser des cris d’orfraie quand M. Siniora a annoncé que le gouvernement songe vendre les actions que la Banque du Liban possède à la banque Intra, au Casino du Liban et à la MEA. Sur ce plan, M. Siniora s’est également heurté à l’opposition de Nabih Berry, dont le PDG de la Intra est l’un des poulains. Pour sa part, le ministre des Finances, Jihad Azour, n’est toujours pas parvenu à établir le budget 2006, en raison de son plan d’austérité qui prévoyait notamment la fermeture de la Caisse du Sud et d’autres sources de gaspillage clientélistes. C’est en raison de ces oppositions que le gouvernement, faisant volte-face, a décidé de ne plus proposer de réformes globales, mais de réformer les divers secteurs l’un après l’autre, et d’avoir ainsi l’opposition à l’usure. Ce faisant, le Premier ministre se montre fidèle à une tactique jadis suivie par Rafic Hariri, qui répétait souvent que les économies libérales n’ont pas de « plans quinquennaux ». Cela n’élimine pas tous les obstacles, mais prépare en douce la voie à la privatisation des secteurs de l’électricité, du téléphone et de l’eau. Et certes, la privatisation de l’électricité se heurte notamment à l’hostilité déclarée entre le gouvernement et le conseil d’administration, dont le président Kamal Hayek est systématiquement « oublié », voir « ignoré » lors des réunions de concertation qui se tiennent au Sérail. En dépit de ces handicaps, l’un des plus grands atouts du gouvernement, en matière de réforme, reste la stabilité monétaire dont jouit le Liban, et les bons signaux enregistrés dernièrement par la BDL : excédent de la balance des paiements et augmentation record des réserves en devises. De quoi attirer un surcroît d’investissements et faire preuve d’assurance devant les futurs bailleurs de fonds du forum Beyrouth I. Philippe ABI-AKL
Le gouvernement semble en meilleure position que lors de sa formation pour mettre en œuvre sa politique de privatisation et aborder les réformes indispensables à la tenue du forum Beyrouth I. Il peut notamment se payer le luxe d’ignorer les campagnes en vue d’un changement de gouvernement.
Pour faciliter l’acceptation de son plan, le Premier ministre compte sur un succès dans l’amélioration des prestations des différents ministères, ainsi que sur une tactique d’amortissement des attaques dont le gouvernement est l’objet.
Car l’obstructionnisme se poursuit, aussi bien de la part du chef de l’État que de ses alliés naturels et moins naturels. Ces derniers viennent de pousser des cris d’orfraie quand M. Siniora a annoncé que le gouvernement songe vendre les actions que la Banque du Liban possède à la banque...